Vie pratique

À la maternité d'Armentières, deux hommes à la vie de sages-femmes

Publié le 05/05/2012 à 05h01

La journée internationale de la sage-femme a lieu aujourd'hui. Mais qui a dit que ce métier était réservé aux femmes ? François, 25 ans, et Thomas, 26 ans, sont maïeuticiens. Comprenez sages-femmes hommes. Entourés de dix-huit collègues féminines, ils travaillent au centre hospitalier d'Armentières, rue Jules-Lebleu. Une contrainte ? Plutôt le contraire, à les écouter.

À la maternité d'Armentières, deux hommes à la vie de sages-femmes
La journée internationale de la sage-femme a lieu aujourd'hui. Mais qui a dit que ce métier était réservé aux femmes ? François, 25 ans, et Thomas, 26 ans, sont maïeuticiens. Comprenez sages-femmes hommes. Entourés de dix-huit collègues féminines, ils travaillent au centre hospitalier d'Armentières, rue Jules-Lebleu. Une contrainte ? Plutôt le contraire, à les écouter.

Qu'on se le dise, François et Thomas n'en sont pas arrivés à exercer ce métier par réelle conviction. Mal classé au concours de fin de première année de médecine, François reconnaît s'être rabattu par défaut vers la profession de sage-femme. « Je ne connaissais pas vraiment ce métier , sourit-il. Pour être sincère, il ne m'attirait pas des masses ! » Même son de cloche chez Thomas qui confie que, de façon générale, « c'est le cas pour la plupart des hommes qui sont aujourd'hui sages-femmes ».

La réaction des mamans ? « C'est souvent la question que l'on nous pose ! », conviennent les deux jeunes hommes. S'ils affirment que le premier contact peut être un peu plus difficile et provoquer une certaine appréhension, dans l'ensemble, ça se passe bien.

François explique : « En tant qu'homme, on examine peut-être de façon plus douce, plus réservée. On fait plus attention. » Thomas confirme et assure que les refus, parfois dus à une question culturelle, restent rares. Ouverte aux hommes depuis plus de vingt ans, la profession se masculinise. Jusqu'en 1982, les hommes étaient tout simplement interdits aujourd'hui, ils seraient plus de 300 à exercer en France, pour environ 20 000 femmes.

Décharge d'adrénaline

Car finalement, homme ou femme, la formation et les responsabilités sont exactement les mêmes. Seule l'approche du métier diffère, et c'est justement ce qui permet à François et Thomas de tant s'épanouir aujourd'hui. « C'est une grande décharge d'adrénaline à chaque fois , souffle le premier. Bien sûr qu'il y a de grandes similitudes entre chaque accouchement, mais chaque femme, chaque histoire, demande une écoute particulière. »

Et Thomas de compléter : « L'avantage de notre maternité à Armentières est qu'elle n'est ni trop grande ni trop petite. C'est une maternité à visage humain. On peut ainsi consacrer plus de temps pour accompagner chaque couple, les liens que l'on crée sont plus forts. »

Tous deux ont beau chercher, ils ne voient aucun inconvénient à leur situation d'« hommes sages-femmes ». Leurs collègues féminines apprécient leur présence. Chouchouter comme des bébés nos deux compères ? Peut-être pas loin. Et du côté de l'entourage proche ? Inéluctablement, au premier abord, donner sa profession peut interpeller. « Ça choque, confie François. Mais cela provoque toujours la conversation. La première réaction de mes amis est souvent "Tu plaisantes là ? !". Mes parents étaient un peu perplexes au début, mais je les ai vite rassurés et il n'y a aucun souci ! »

Un choix de carrière pleinement assumé aujourd'hui et un grand épanouissement. Avis aux futures mamans. •

PAR ADRIEN DELERUE

La Voix pour les Femmes