De larges bouclettes blondes encadrent un visage souriant, Noémie Vermeulen semble heureuse de reprendre le sport, après dix ans d'arrêt. La Lommoise s'est lancée dans l'athlétisme handisport. Le handibike version loisirs, plus précisément. « En fait, on pédale avec les mains, on est dans une position presque allongée. Quand j'ai essayé un handibike pour la première fois, en février dernier, j'ai senti comme un vent de liberté, d'autonomie. Quand vous montez dedans, vous oubliez totalement que vous êtes en fauteuil roulant », confie la trentenaire. Ce sera aussi l'occasion pour elle de « sortir de l'isolement », « de retrouver une équipe sportive ».
Étonnant d'entendre parler Noémie Vermeulen d'isolement, quand on sait que cette battante est membre de l'association Handilom et que pour se rendre à son travail, situé à Lesquin, les quarante minutes de trajet en métro ne l'effraient pas. D'ailleurs, Noémie cherche à « prendre le plus possible les transports en commun ». Un moyen de revendiquer sa juste place parmi les valides.
Tir, tennis, piano...
Pour ce petit bout de femme en fauteuil roulant, il a toujours été difficile de rester en place. « Avant, je faisais du tir à la carabine en club, puis j'ai fait du tennis en individuel », relate-t-elle. Tout cela, en étant « invalide ». Noémie est venue au monde avec une malformation qui l'empêche de marcher. Même si elle a été capable d'être sur ses deux jambes de 6 à 12 ans, l'infirmité a pris le dessus. Sur le corps, mais pas sur le mental.
Hôtesse d'accueil au siège d'un centre automobile, le jour, elle s'entraîne pour les nouveaux cours d'handibike, le soir. « Depuis toujours, je dois faire des séances deux fois par semaine, pendant deux heures, de kinésithérapie médicale pour garder une certaine forme », détaille cette femme aux yeux azur. Mais depuis un mois, lors de ces séances, les médecins axent les exercices pour préparer Noémie à la course. Elle évoque le jour où Victor Martens-Filipe, le président de l'association Handilom, lui a proposé de rejoindre la section. « C'était en février dernier que Victor m'en a parlé. Il m'a dit : "On est sur le point de mettre en place un cours d'athlétisme, ça t'intéresse ?" J'étais sur le point de reprendre une activité sportive, ça tombait au bon moment », se réjouit Noémie. Si le handibike n'était pas entré brusquement dans sa vie, la Lommoise aurait repris le tennis. Aussi bien sur le court, qu'à la télévision, il s'agit de son sport favori. Celui qui symbolise certainement le plus son état d'esprit, de « vouloir toujours être dans l'action ».
D'ailleurs, la pétillante Noémie cache plus d'un tour dans son sac. En plus de son goût pour le sport, elle cumule les talents. Entre la musique, les sorties culturelles et la peinture, son coeur balance. « La peinture, c'est quand je suis inspirée », note-t-elle d'une toute petite voix, modeste. Et le piano blanc qui trône dans l'appartement ? « Cela fait une trentaine d'années que je fais de la musique. Je joue de tout.
J'ai essayé toute la famille des flûtes, le violon, le piano... », s'amuse-t-elle en laissant courir les doigts sur les touches noir et blanc. Le message de Noémie Vermeulen semble bien transmis : « J'ai toujours essayé d'aller vers l'avant pour que mon handicap ne me bloque en rien. Je conseille à ceux qui se sentent esseulés de contacter les associations de leur ville ou les mairies ».
PAR ANNE MARÉCHAL