Véronique Genelle, nouvelle présidente d'« Elles aussi », pour la parité en politique
lundi 20.02.2012, 05:18 - PAR ISABELLE ELLENDER
Véronique Genelle est institutrice, conseillère d'opposition à Hallennes, mère de quatre enfants. LE VISAGE DE L'ACTUALITÉ
L'Hallennoise Véronique Genelle est depuis samedi la nouvelle présidente de l'antenne régionale d'« Elles aussi », une association qui oeuvre pour la parité hommes-femmes en politique. Interview.
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> Pourquoi avez-vous souhaité prendre ce poste ?
« Fille de conseiller municipal, issue d'une famille engagée, j'ai toujours été sensibilisée à la citoyenneté. Et puis, j'ai été épouse de maire (Patrick Genelle, maire d'Hallennes de 1995 à 2007). Professeur des écoles à Lambersart, mère de quatre enfants, bientôt grand-mère, je suis devenue conseillère municipale d'opposition à Hallennes, en 2008. Être dans l'opposition, c'est un rôle d'humilité, un rôle ingrat qui demande beaucoup d'énergie pour peu de reconnaissance. J'ai été particulièrement soutenue par les copines, celles de l'Action catholique des femmes, de l'Observatoire de la parité à Paris et à Lille, celles enfin d'« Elles aussi »... »
> Vous y avez constitué un réseau ?
« J'ai rencontré des candidates avant les élections régionales, en 2009. J'ai participé à la cérémonie des Mariannes de la parité, en 2010. J'ai suivi une conférence sur « la parité toujours recommencée », etc. Aujourd'hui, au sein de l'antenne de Lille, je souhaite continuer l'oeuvre de ces femmes. Un passage de relais est nécessaire, je me dois d'être là car elles m'ont tant apporté ! »
> Pourquoi faut-il encore se battre pour la parité, en 2012 ?
« Comme le souligne la présidente sortante d'Elles aussi Lille, Françoise Maillard, la réforme des collectivités territoriales, avec son mode de scrutin, défavorise les femmes. Et on sait qu'il va falloir "recaser" nombre d'hommes politiques, bien assis dans leur fauteuil... Les femmes vont avoir encore plus de mal à entrer en politique. Et puis, les intercommunalités sont encore très masculines, on a encore perdu trois femmes au Sénat, les partis préfèrent payer des amendes que de respecter la parité... Cela reste plus difficile pour une femme d'être élue. Ça leur fait peur, ça prend du temps et de l'énergie et c'est tellement difficile de tout concilier... »
> La faiblesse d'« Elles aussi » semble être son nombre d'adhérentes restreint et le manque de jeunes. Que comptez-vous faire pour augmenter son rayonnement ?
« La clé, c'est avancer avec toutes les générations. Nous allons continuer à organiser des manifestations comme des repas-débats. Inviter les femmes maires du secteur, multiplier échanges et témoignages... Le 8 mars, je participerai à la Journée de la femme au palais Bourbon. Et en vue des législatives, nous allons adresser un questionnaire aux candidats pour connaître leur engagement sur la parité, l'interdiction du cumul des mandats et la modernisation du statut de l'élu. Il y a encore tant à faire pour que les femmes aient une vraie place en politique. »














