Présidentielle : l'égalité entre les sexes fait un retour en force au coeur de la campagne
lundi 20.02.2012, 16:24 - Avec AFP
Politique
Les organisations féministes lancent une nouvelle offensive cette semaine pour placer l'égalité entre les sexes au coeur de la campagne présidentielle, en multipliant les appels aux candidats, parfois en ordre dispersé.
Des ONG comme Business& Professional Women, ici à Lille en avril dernier, sensibilise les Françaises aux inégalités de salaires entre hommes et femmes. Photo La Voix Cliquez ici pour accéder au contenu
« L'élection de 2012 se jouera sans aucun doute en partie sur ce thème de l'égalité entre les femmes et les hommes », veut croire Caroline De Haas, fondatrice d'« Osez le féminisme ! », en préface de l'ouvrage « Femmes-Hommes. Enfin l'égalité ? », présenté jeudi (Ed. Eyrolles).
Rassemblant les « propositions » d'une trentaine de personnalités syndicales (Bernard Thibault, Jean-Claude Mailly...) et politiques de tous bords (Martine Aubry, Christine Boutin, Valérie Pécresse...), l'ouvrage en dégage 111, destinées à rendre « l'égalité effective », alors que plusieurs lois posent ce principe depuis les années 70, sans grand succès.
« Nombreuses sont les femmes qui, ces dernières années, ont fait confiance à toute une série de nouveaux dispositifs, qui ont, soulignons-le, le grand mérite d'exister » mais « aujourd'hui les femmes sont lasses d'attendre », estime Nathalie Pilhes, ancienne élue de gauche, qui a codirigé l'ouvrage.
En 2006, l'écart de salaires atteignait 27% entre hommes et femmes dans le privé et 17% à temps de travail équivalent, les temps partiels étant majoritairement féminins.
En 2012, tous les responsables politiques, de droite comme de gauche, reconnaissent qu'il y a encore du chemin à faire en matière d'égalité, à la maison, au travail ou en politique.
Mais les moyens d'y parvenir, en revanche, ne sont pas les mêmes.
Si le rétablissement d'un ministère des Droits des femmes semble par exemple faire l'unanimité, la taxation des temps partiels par un surcroît de charges est prônée plutôt à gauche.
Revendications sur l'IVG, les crèches, la précarité
D'autres propositions, comme le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels, sont particulièrement clivantes, François Hollande y étant favorable tandis que Nicolas Sarkozy y est opposé.
Mercredi, 45 associations (dont le Collectif féministe contre le viol, la Fédération nationale Solidarité Femmes ou le Planning familial...) ont elles aussi lancé un appel aux candidats pour placer la question au coeur du débat public, même si les sondages montrent que c'est l'emploi qui préoccupera le plus les Français au moment de voter.
Les « Féministes en mouvement » demandent notamment de « rembourser l'IVG à 100% », « d'ouvrir 500 000 places d'accueil en crèche » ou de créer de nouvelles places d'accueil pour femmes victimes de violences.
Malgré la volonté des féministes de « parler d'une seule voix » à travers les « Féministes en mouvement », les prises de parole se multiplient donc, comme « l'appel du 6 mars » publié samedi dernier par Paroles de femmes et les Mariannes de la diversité, destiné à « mobiliser les pouvoirs publics concernant la précarité grandissante des femmes ».
Si les féministes s'interdisent officiellement de préférer un candidat, « Osez le féminisme ! » a déjà réagi à la candidature de Nicolas Sarkozy mercredi soir, en affirmant « que son mandat a été marqué par une remise en cause constante des droits des femmes », dénonçant les « fermetures de centres d'IVG et de maternités de proximité » ou la « réforme injuste des retraites ».
Mercredi, le Planning familial a interpellé les députés sur son manque de moyens. Au PS, un appel interne invite François Hollande à préciser ses positions pour l'égalité, ce qu'il devrait faire le 2 mars.
Le 7 mars, veille de la Journée internationale des femmes, les « Féministes en mouvement » présenteront leurs revendications à plusieurs candidats. Précédées, la veille, d'un rassemblement organisé par « Paroles de femmes ».














