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« À la maison, les parents entravent la motricité des enfants pour leur éviter de se faire mal »

samedi 18.02.2012, 05:33 - PAR MARION DALIN

 Depuis un an et demi, la commune propose des ateliers psychomotricité aux petits jusque 3 ans. Depuis un an et demi, la commune propose des ateliers psychomotricité aux petits jusque 3 ans.

LE VISAGE DE L'ACTUALITÉ

Tous les mardis après-midi, le premier étage de la Maison de la petite enfance de Wattignies devient le paradis des petits aventuriers. Sur de gros matelas épais, entre des boudins rebondis et des obstacles sans danger, les enfants âgés de trois mois à trois ans relèvent les petits défis proposés par Louise Derinck. La psychomotricienne intervient à Wattignies depuis le début l'année pour aider les parents à repérer et stimuler le développement psychomoteur de leurs bouts de chou.

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puisette et sauts en plastique à la main, Kylian, 3 ans, et Louise, 18 mois, sont en pleine exploration. Sous le regard attentif de Louise Derinck, la professionnelle qui encadre les ateliers psychomotricité de la Maison de la petite enfance de Wattignies, les enfants escaladent coussins et boudins, s'étalent sur les tapis de jeu et dénichent les poissons en plastique et autre crustacés en peluche disséminés de tous les côtés.

« À la maison, les parents vont souvent entraver la motricité de leurs enfants pour leur éviter de se faire mal. On ne fait pas la même chose au-dessus du carrelage de la cuisine que sur un tapis de gym, » note Louise. En une heure d'atelier, la psychomotricienne tente donc d'apporter un maximum de nouvelles expériences motrices et sensorielles aux petits. Chants, danse, marionnettes, contes et parcours moteurs, tout est bon pour les accrocher.

La jeune femme travaille pour l'association Gymboree avec laquelle elle intervient dans les centres de loisirs, les crèches ou les écoles de la métropole lilloise. Depuis le mois de janvier, elle est la professionnelle attitrée de la Maison de la petite enfance de Wattignies, située juste à côté de la CAF. Entre 14 et 15 h, Louise Derinck accueille les 3-18 mois. l'heure suivante est consacrée aux plus grands, jusqu'à trois ans. « On expérimente des choses pour que les enfants prennent conscience de leur corps. mon rôle est vraiment d'accompagner leur développement sans forcer. » Les mamans, en chaussettes, participent aussi et glanent ça et là des idées d'activités adaptées à leurs enfants. Une participation qui a tout son sens selon la professionnelle : « Un enfant en confiance va tenter plus de choses et ce type d'activité permet de favoriser la relation établie entre le parent et l'enfant. » Des parents un peu stressés par l'évolution de leurs petits, Louise en voit quelques-uns qu'elle conseille « à leur demande seulement ». La psychomotricienne est formelle, les différences de développement psychomoteur chez des petits du même âge sont tout à fait normales. « Il y a plusieurs niveaux de développement qui ne sont pas tous aussi visibles. Certains enfants semblent se développer peu dans le global à une période mais c'est souvent parce qu'ils évoluent beaucoup au niveau cognitif ou dans leur motricité fine. Vu l'énergie que cela demande, il est normal qu'ils ne puissent pas se développer sur tous les plans en même temps. » Mis en place depuis l'an dernier, l'atelier est ouvert à tous et la dizaine de familles d'habitués qui le fréquentent le plébiscite. Pourtant, l'activité a du mal à décoller. « À la fin de l'année dernière, nous nous sommes demandés s'il fallait continuer car c'est un investissement important. Nous avons décidé de retenter parce que nous sommes convaincus qu'un atelier complet comme celui-là est intéressant pour les enfants et les parents », avance Jeannine Decherf, l'adjointe à la petite enfance. En juin, viendra l'heure du bilan. Si la fréquentation n'augmente pas d'ici là, l'activité pourrait être supprimée.

Il est bientôt 16 h à la Maison de la petite enfance et la séance touche à sa fin, un moment difficile pour Kylian qui vient pour la première fois. Pour le consoler, la psychomotricienne a un argument imparable : des bulles de savon et une musique douce pour accompagner sereinement les enfants vers la sortie. « Gérer la frustration face à des limites, c'est un des points que l'on apprend aussi ici en mettant des mots dessus », explique Louise. •

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