Vie pratique

« Les garçons disent qu'on sert qu'à la vaisselle, au ménage et à la cuisine ! »

Publié le 11/03/2011 à 04h02

Les préjugés ont la vie dure... C'est ce qui ressort d'une journée organisée, hier, par le Bureau information jeunesse (BIJ) d'Armentières dans le cadre de la Journée de la femme. Des élèves du lycée professionnel Île-de-Flandre, en majorité féminines, ont été conviés à un forum au cours duquel ils ont échangé sur l'image de la femme, mais aussi appris que le bien-être, qui était le thème de cette journée, pouvait s'acquérir par divers moyens.

« Les garçons disent qu'on sert qu'à la vaisselle, au ménage et à la cuisine ! »
Les préjugés ont la vie dure... C'est ce qui ressort d'une journée organisée, hier, par le Bureau information jeunesse (BIJ) d'Armentières dans le cadre de la Journée de la femme. Des élèves du lycée professionnel Île-de-Flandre, en majorité féminines, ont été conviés à un forum au cours duquel ils ont échangé sur l'image de la femme, mais aussi appris que le bien-être, qui était le thème de cette journée, pouvait s'acquérir par divers moyens.

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Dans la salle Carnot, un groupe de filles apprend à danser le hip-hop sur un podium tandis que d'autres, cette fois avec des garçons, échangent avec des intervenants comme une diététicienne, des sportifs, une psychologue, une professeur de théâtre, autour du thème central de la Journée de la femme et tout ce qu'elle symbolise. Il y avait aussi un atelier de slam pour exprimer ce que chacun pense de l'autre. Parmi les filles, des garçons donc, à qui on a demandé d'inscrire sur un tableau ce qu'ils pensent des filles. Autant dire tout de suite que la gent masculine est un tantinet menteuse. Car les mots sur le tableau n'avaient rien à voir avec ceux qu'ils ont donnés à l'intervenant slameur. Quatre filles en témoignent.

Marie et Élisa, 15 ans, en BEP sanitaire et sociale : « Les garçons ne voient pas à quoi une femme peut servir ! Ils disent qu'on sert qu'à la vaisselle, au ménage ou à la cuisine ! Alors la Journée de la femme, ça peut leur faire prendre conscience que la femme est leur égale. Il y a encore beaucoup trop de machos ! » Le premier forum organisé par le BIJ leur a plu. Si Marie connaissait déjà le BIJ parce que le lycée l'y avait emmenée l'année passée, les deux lycéennes ont découvert des structures. « On a appris qu'il y avait un atelier slam et danse. Faut refaire cette journée chaque année, mais avec d'autres structures, peut-être plus culturelles. »

Karine et Steffi, 16 ans, en seconde commerce : « Les garçons nous voient comme des dépensières et des ménagères !

Ils ne veulent rien faire mais il faut faire ce qu'ils demandent ! La Journée de la femme, il faut la faire pour dire que les femmes ont des droits, comme de sortir, de lire, on n'est pas là pas seulement pour s'occuper de la maison. Ce matin, on a compris qu'il y a encore beaucoup de différences entre les hommes et les femmes, comme sur les salaires. Mais les échanges, on aurait préféré les faire sans les garçons... »

Élodie Lefebvre et Olivier Benassi du Cédre bleu : Animatrice et psychologue au Cèdre bleu, Élodie Lefebvre et Olivier Benassi étaient là pour animer des groupes de parole. Selon eux, cette journée a été utile, notamment pour faire tomber les préjugés : « Il y a encore beaucoup d'idées reçues, beaucoup de questions que les jeunes ne se posent pas encore. Les groupes mixtes ont permis de parler des choses à améliorer sur le regard que portent les garçons sur les filles et sur leurs conditions. » Pour eux, la Journée de la femme est utile si elle est accompagnée d'actions comme ce forum. « Nous avons rappelé l'histoire de cette journée et l'intérêt qu'elle revêt selon les générations. Les jeunes ont compris qu'il restait des choses à faire, ils ont par exemple rappelé qu'il n'y avait pas encore de femme présidente de la République. » Au total, les échanges ont duré trois heures. À la fin, tous les élèves ont assisté à une flash-mob au cours de laquelle celles ou ceux qui avaient participé au cours de danse ont montré leur talent. Si les préjugés ont la vie dure, de telles manifestations ont le mérite de les casser. •

La Voix pour les Femmes