Dans la nature, le beau est généralement fragile. Le corail n'échappe pas à la règle. Après avoir participé au programme Coralzoo (2005/2009), le Centre national de la mer de Boulogne-sur-Mer s'est lancé comme défi de bouturer à demeure une cinquantaine d'espèces coralliennes menacées d'extinction. Les principaux responsables étant la pollution marine et l'envasement lié au développement intensif des zones côtières.
Le corail, être vivant
Pour sensibiliser le public, depuis janvier, Nausicaa a donc ouvert un espace corail du plus bel effet. Derrière les épaisses vitres, le visiteur découvre la beauté d'un animal (et oui !) dont les couleurs n'ont pas d'équivalent sur terre. Il s'instruit aussi. Et apprend notamment que le corail est à l'origine des récifs, eux-mêmes lieux privilégiés de la biodiversité sous-marine (poissons, mollusques). On lui dit aussi que dans un proche passé, certaines zones des Maldives avaient perdu près de 90 % des leurs récifs coralliens.
Les îles trouvent aussi écho dans une exposition consacrée aux insulaires de notre planète. A travers des témoignages concrets, des vidéos saisissantes sur les conséquences de la montée des eaux, Histoires d'îles montre à quel point les insulaires, comme les coraux, sont vulnérables. Et bat en brèche quelques clichés colportés par les agences de voyages.
Les îles ne sont faites que de sable fin, de cocotiers et de crustacées. Leur territoire rétrécit et y vivre est un combat de tous les jours. Mais il ne faudrait point trop assombrir le tableau. Les îles continuent de concentrer un nombre invraisemblable d'espèces incroyables comme le requin zèbre, l'hippocampe dragon et la tortue à nez de cochon. Rien que pour eux, il faut y aller.
JEFF LEVALLEUX Renseignements à Nausicaa, Centre national de la mer, boulevard Sainte-Beuve à Boulogne-sur-Mer. Tél. 03 21 30 98 98 et sur www.nausicaa.fr