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Marjolaine Famechon et Sophie Mandron. Elles sont toutes deux Touquettoises. La première va monter demain dans un bimoteur pour la première fois de sa vie et s'élancera, en tant que passagère, au-dessus de la Manche. La seconde est pilote de ligne et passe la moitié de son temps au-dessus des nuages. Toutes deux pourront confronter leurs expériences demain après-midi sur le tarmac de l'aéroport du Touquet.
Pilote à 22 ans
« Le meeting qui se tiendra samedi au Touquet mettra en lumière le rôle des femmes pilotes, explique Mireille Goyer, organisatrice de cet événement et elle-même pilote professionnelle. Le principe est simple : une quarantaine d'équipages va prendre son envol de l'aéroport d'Headcorn, au sud de l'Angleterre pour traverser la Manche et rallier Le Touquet. À bord, deux personnes : soit une femme pilote et un ou une néophyte, ou un pilote avec une femme qui découvre le monde de l'aviation. Nous voulons susciter des vocations parmi les femmes. »
Chez les pilotes de ligne professionnels, les femmes ne représentent que 7 % des effectifs. Sophie Mandron en fait partie. Elle a de qui tenir puisqu'elle est la fille de Philippe Cotrel, délégué général auprès de la direction de la SEMAT, société qui gère l'aéroport du Touquet. « Mon père a appris à piloter sur le tard, à quarante ans. Alors évidement, quand j'étais petite, il m'emmenait souvent en voyage en avion. C'est comme cela que j'ai attrapé le virus... » explique-t-elle. Premiers cours de pilotage à 14 ans, brevet à 17, études à l'école de pilotage Amaury De La Grange à Merville et premier job à 22 ans. « Je pilotais des turbopropulseurs à travers l'Europe. Je transportais du fret. » Maintenant, elle transporte des passagers sur la compagnie Brit Air, filiale régionale d'Air France. « Passer du transport de colis à celui de personnes, ça fait un choc. On est responsable des vies humaines que l'on transporte d'un point A à un point B... » Passagers qui sont le plus souvent surpris de trouver une femme dans le cockpit. « Dans notre compagnie, les femmes pilotes représentent 10 % des effectifs, alors oui, ça les intrigue, sourit-elle. Mais je n'ai jamais entendu de réflexions désagréables. La plupart du temps, ça les fait sourire... Et puis il faudra bien que tout le monde s'y fasse. Les femmes pilotes de ligne sont peu nombreuses, mais les effectifs vont en augmentant. » En matière d'aviation, l'expérience de Marjolaine Famechon, quant à elle, se solde à quelques voyages en avion de ligne. « Là, ce n'est pas pareil... je vais embarquer sur un petit bimoteur, Pour moi, c'est une première. » Elle, qui travaille d'ordinaire au musée du Touquet va survoler la Manche avec, aux commandes de l'avion, Mireille Goyer, l'organisatrice du meeting. « J'espère que ce petit voyage lui donnera ensuite l'envie de piloter... », indique cette dernière. Marjolaine Famechon attend de descendre de l'avion avant de donner son avis. « Je suis à la fois ravie de ce voyage et complètement stressée... Mais en même temps, je suis admirative de toutes ces femmes qui pilotent ces engins. » Les avions en provenance de Grande-Bretagne atterriront au Touquet demain en milieu d'après-midi. Pilotes et passagers confronteront ensuite leurs expériences respectives. Quant aux spectateurs, ils sont conviés tout l'après-midi à l'aéroport pour assister au spectacle de quarante avions atterrissant chacun leur tour à deux minutes d'intervalle. S'ils le souhaitent, ils pourront même s'essayer au pilotage sur des simulateurs installés pour l'occasion.