On ne saura jamais si, comme l'affirme une vieille chanson namuroise, les habitants de la capitale wallonne sont lents. Ce qui est sûr en revanche, c'est qu'ils prennent le temps de vivre et de bien vivre, de savourer l'existence et toutes ses menues joies. Là, dans cette cité « née des amours de la Sambre et de la Meuse », le sport local est sans conteste la flânerie. Dans un coeur historique entièrement piéton, déambuler dans l'entrelacs de ruelles et lécher les vitrines constitue un premier plaisir. Et les boutiques, les vraies, ce n'est pas ce qui manque ! Proposant déco, produits gastronomiques (dont les petits-gris de Namur), fringues, bijoux fantaisie et même vins AOC cultivés en Wallonie, elles sont originales jusqu'au bout de leur nom, en affichant « La demoiselle aux petits pois », « Il fera beau demain » ou « Libre à toi ». Et comme la cité regorge aussi de places, l'autre sport local est la pause-terrasse. Avec une bonne bière ou un café (malheureusement toujours trop grand pour les Latins que nous sommes !) et ses douceurs, c'est assurément le bonheur version belge... Même touché par la « zénitude » ambiante, rien n'empêche le visiteur de se montrer bon élève et de partir ensuite à la découverte des richesses de la ville. Le flâneur aura déjà remarqué le riche patrimoine architectural hérité du passé. « Après les guerres livrées par tous les Grands d'Europe, qui ont convoité Namur pendant des siècles, il a fallu tout reconstruire », explique Noëlla, guide. Au cours du XVIIIe siècle, période d'aisance et d'expansion, la ville se couvre d'hôtels particuliers, de belles demeures et d'édifices divers, qui traverseront les siècles, intacts.
Une cathédrale Saint-Aubain aux faux airs de Saint-Pierre de Rome, d'exubérantes églises baroques, un gracieux théâtre royal à l'italienne, un beffroi classé au patrimoine mondial de l'Unesco, Namur a des arguments dignes d'une capitale. Mais son premier point fort reste sa forteresse. Assiégée pendant des siècles par diverses armées, la citadelle n'est plus aujourd'hui prise d'assaut que par des touristes, grimpant au sommet de l'éperon rocheux à pied ou plus sûrement en voiture ou à bord de la navette touristique. Remaniée par Vauban après le siège victorieux de Louis XIV en 1692, elle cache dans ses entrailles un incroyable réseau de souterrains ainsi qu'un atelier de parfumerie ! Mais elle offre aussi au promeneur un panorama à couper le souffle sur la cité et la campagne qui arrive aux portes de la ville, avec ses jardins peuplés... d'escargots.
Comment s'y rendre ?
En voiture : de Lille, il faut compter une bonne heure trente pour environ 147 km. Prendre l'A27 en direction de Bruxelles puis rester sur l'E42 en direction de Tournai, Mons et Liège. Après Charleroi, prendre la sortie 12, en direction de Namur.
En train, un changement est nécessaire à Bruxelles Midi. Le trajet prend au mieux 1 h 59, ou plus selon les trains. Prix : entre 37,60 et 38,60 E.