Portraits

Avec Mademoiselle John, la Lilloise Agathe Josson tourne en dérision la vie d'une célibataire « très branchée »

Publié le 23/05/2012 à 05h03

Elle crée de la lingerie, aime la musique, les talons aiguilles, les fringues et les peaux de bête.

Avec Mademoiselle John, la Lilloise Agathe Josson tourne en dérision la vie d'une célibataire « très branchée »
Elle crée de la lingerie, aime la musique, les talons aiguilles, les fringues et les peaux de bête.

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Chez elle, c'est plutôt ambiance fille, zen-chic-baroque. Quelques dorures par-ci, de la fausse fourrure par-là, quelques touches asiatiques et des objets, glanés çà et là, au gré de ses nombreux voyages. Un intérieur à son image. Décalé et coloré.

Trentenaire branchée, bien dans sa tête, aimant faire la fête, cette Lilloise aux grands yeux verts raconte ses aventures, en images, sur un blog : Mademoiselle John. « Certains traits sont un peu grossis quand même. Certains personnages sont un peu caricaturés. » Son péché mignon ? « Taper sur les garçons. Je suis un peu une misogyne, mais au féminin », sourit, de son vrai nom, Agathe Josson. Tous les petits (ou gros) travers de ces messieurs sont passés en revue : de la rencontre (un peu trop collante) en boîte de nuit, aux clichés sur les femmes ou sur son métier. « Dès que je dis que je dessine de la lingerie, c'est fini. On me pose plein de questions, on veut venir participer aux essayages ! On me demande si on vient bosser nu ! C'est parfois bête un garçon. » Tous les lundis, depuis trois mois, Agathe publie sur son site « son illu », comme elle aime l'appeler. Trois ou quatre séquences, qui parlent de son quotidien, ses anecdotes et mésaventures.

Donner la pêche

De la chute en talons (aiguilles) sur les pavés du Vieux-Lille - « Le pavé, encore une invention de garçon ! », se moque-t-elle -, à la mode ou aux kilos superflus qui contraignent à renouveler la garde-robe. Une seule règle : « Je ne dessine pas ce qui arrive à d'autres, je ne m'y retrouverais pas. Et je ne parle pas de mes engagements, ni de politique. » Une forme de journal intime, en plus drôle, version 2.0. « Un jour, j'ai gribouillé un dessin, explique cette styliste, passionnée, formée à Esmod, à Roubaix. Je l'ai mis en ligne et mes amis ont adoré. Alors, j'ai continué. » Depuis, chaque semaine, « et surtout le lundi », entre 1 500 et 2 000 personnes visitent son site. Pourquoi le lundi ? « Parce que c'est un jour que personne n'aime. La fin du week-end. Un peu d'humour permet de rendre un peu le sourire. » Et de poursuivre, un brin plus sérieuse : « Et puis, les autres jours, sur le net, ça marche moins bien. J'ai essayé en milieu de semaine, et il y avait beaucoup moins de connexions ! » L'occasion pour Agathe, graphiste de formation, de mettre en avant ses autres créations : des dessins réalisés sur l'ordinateur et gravés sur toile ou plaque d'aluminium. « J'adore habiller les gens. Mais là, c'est différent, c'est ma bulle d'air qui me permet de m'échapper un peu et de faire vraiment ce que je veux. » Une petite exposition à Verlinghem, il y a huit mois, lui permet de tenter sa chance. Ses toiles, reflet de son univers, décalé et parfois drôle, intéressent.

Sans prétention

Petit à petit, elle s'expose à quelques occasions, dans la métropole. « Même si je ne sais pas vraiment me vendre », dit-elle un peu gênée. Artiste ? La jeune femme ne se voit pas comme ça. « Je fais des illustrations sans prétention », dit-elle.

Secrètement, pourtant, elle nourrit le rêve de vivre de sa passion et, pourquoi pas, faire de Mademoiselle John, une marque célèbre. En attendant, c'est promis, elle continuera de narrer ses aventures sur la toile. •

CÉCILE DEBACHY

http://blog.mademoisellejohn.fr

La Voix pour les Femmes