Commençons par les présentations. Les parents, Béatrice et Emmanuel, comptent quatorze déménagements. De la Nouvelle-Calédonie à la Normandie, en passant par la Bourgogne, la région parisienne, Tanger et le Kentucky. « On est posés depuis cinq ans, ça n'était jamais arrivé », note Béatrice Gaulier. Avec cinq enfants, ils profitent. Surtout que les aînés grandissent. « Félix, 18 ans, passe le bac et intégrera l'an prochain une prépa maths sup à Paris, Matthias, 16 ans et demi, est en première, pensionnaire à Lille, Basile, 14 ans,
en troisième, Céleste, 12 ans, en cinquième et Grégoire, 9 ans, en classe spécialisée dans une école ordinaire. » Et cette troupe-là peut monter un orchestre : Félix au saxo, Basile au trombone, Céleste à l'euphonium. Sans compter que certains sont scouts et que d'autres font du sport (hockey sur gazon, poney, piscine). « Entre toutes ces activités et la rééducation de Grégoire, je fais treize heures de conduite par semaine. » Inutile de préciser qu'un tel emploi du temps demande une sacrée organisation. « Je fais confiance aux enfants. Ils gèrent leur emploi du temps. Au repas, ce n'est pas toujours de la grande cuisine et je ne fais jamais de gâteaux. Longtemps d'ailleurs, les enfants nous ont donné le choix entre crêpes et sablés (rires). Pour les courses, c'est le drive, les livres et les partitions sont commandés sur Internet. Pour les devoirs, les enfants se débrouillent seuls depuis le CE1, par contre, je passe du temps avec Grégoire. Pour les vacances, on n'est pas du style à rester sur la plage. Cet été, on échange notre maison pour visiter l'Irlande. » Pour trouver un équilibre dans cette vie-là, Béatrice Gaulier a repris le travail en 2009. Elle gère la communication et le développement du golf de Mérignies. « Ingénieur de formation, je me suis toujours dit que j'aurais des enfants et quand j'ai arrêté de travailler, je n'ai pas pensé que je me sacrifiais. J'ai bien en tête que cinq enfants, c'est un luxe, pas une norme revendiquée. Autour de nous, des couples sont heureux avec un, deux enfants comme sans enfant. »
CÉLINE LEVIVIER