Pourquoi cet engagement ?
Je travaillais pour la compagnie théâtrale La Belle Histoire qui partageait ses locaux à Villeneuve-d'Ascq avec Les Clowns de l'espoir.
Quand j'ai accepté de décrocher le téléphone en leur absence, j'ai été happée. J'ai commencé par aider bénévolement à la coordination. Nous échangions beaucoup avec les clowns qui me poussaient à les rejoindre. J'ai fait des stages avant de postuler en 2005. Au terme de la formation, j'ai été acceptée.
Comment vivez-vous cet engagement ?
Comme mon métier de comédienne, comme un acte citoyen. Je suis responsable de la coordination des Clowns de l'espoir depuis dix ans et clown hospitalier depuis sept. Une demi-journée par semaine, j'entre dans la peau de Mili. C'est un moment exceptionnel. C'est permettre aux gamins de rester des gamins.
Qu'est-ce qui vous touche ?
Un parent qui pleure ou qui crie. Et ce qui me remplit de bonheur, c'est les yeux d'un enfant qui s'allument. Pour ce feu d'artifice, les clowns sont prêts à ramer car certains enfants ont besoin d'être apprivoisés.
Comment gérez-vous vos émotions ?
Je me fixe sur le moment présent. Je suis là, dans la vie. À froid, une fois par mois, les clowns échangent dans une réunion de supervision à laquelle assiste une psychothérapeute. Pour ma part, j'ai aujourd'hui des sonnettes internes quand je m'attache particulièrement à un gamin.
Quel est le profil d'un(e) futur(e) clown ?
Avoir 21 ans, être disponible en semaine, avoir une pratique professionnelle du clown. Il faut être clair sur ses motivations. Ce métier est un don de soi mais on reçoit tellement !
Propos recueillis par CÉLINE LEVIVIER
Les Clowns de l'espoir, www.lesclownsdelespoir.fr