« Fa », comme le début du prénom de Fanny Magdelaine. « Bric-à-brac », pour représenter un joyeux désordre coloré. « Fabrique », pour la création à la maison. Un peu de poudre de perlimpinpin. La Fabricabrac est née et elle a quatre ans déjà.
À 38 ans, celle qui expose aujourd'hui ses badges de tissus se souvient : « Au début c'était pour jouer avec mes filles. J'ai commencé avec une petite machine à badges en plastique. En vacances, on s'était amusé à en faire sur le thème des vacances et de la mer. On a même fait un petit marché et tous nos badges sont partis comme des petits pains ». C'est un peu à ce moment-là que « tout a commencé ».
Du plastique, Fanny Magdelaine est passée au métal. Une machine pour chaque diamètre de badge. Dans son « atelier-bureau », au vert qui tranche, les tissus qu'elle utilise pour ses créations débordent, comme sa créativité. « Je ne vis pas de ça, mais j'ai tout de même entre une et vingt commandes par semaine. Je m'efforce de trouver de nouvelles idées », argumente celle qui est aussi pigiste.
Du tissu liberty qu'on ne trouve qu'ici...
La base de toute création reste le badge, même si parfois, celui-ci, est détourné de son usage décoratif premier. Privé de son éternelle épingle à nourrice, il devient magnet, diadème, bracelet, pinces, boucle d'oreille, sautoir... Il peut même se loger en tête d'un énorme trombone pour devenir un marque-page. Petit à petit, avec l'aide de son mari, ce petit business s'étend. D'un jeu familial, un site internet a été créé. Via le web, Fanny effectue des commandes sur mesure. « C'est pour ça que je n'ai pas beaucoup de stock, car je travaille beaucoup avec des commandes. Les gens me disent : voilà, je veux tel badge, avec tel mot écrit dessus, avec telle photo et avec du vichy ou dans les tons noir et rouge, et ainsi de suite », explique la Lambersartoise.
Pour les anniversaires, les mariages, les baptêmes, les communions... À l'aide d'un logiciel de retouches photo, Fanny Magdelaine, colore, dessine du bout de sa souris. « Pour un ou deux badges seulement, ça prend beaucoup de temps », confie-t-elle. Dernièrement, elle a pensé à des cadeaux de naissance : des coussins de porte. Sur ces derniers, chaque badge est revêtu d'une lettre du prénom du nourrisson.
Tout ce petit bric-à-brac a son silencieux petit succès. Fanny Magdelaine envoie de petits stocks dans diverses boutiques : Rouen, Rennes, Thonon-les-Bains, Saint-Germain-en-Laye, Bonnieux (Vaucluse). Et plus surprenant : jusqu'au Japon.
La réussite de ces minuscules créations réside bien sûr dans le choix des prix mini, et surtout, dans le choix des matières. Le liberty, cette toile anglaise et fleurie très « vintage », recouvre les badges. Fanny Magdelaine, qui chine beaucoup, possède certains de ces libertys qui n'existent plus dans le commerce. Elle n'hésite pas à associer ce précieux linge so british à ses badges de différentes formes made in Lambersart.
PAR ANNE MARÉCHAL
Plus de renseignements sur : www.lafabricabrac.fr