Portraits

Fatima Guettaf, présidente de Femmes Solidaires et mère de tous les combats

Publié le 10/05/2012 à 05h03

Fatima Guettaf est le nouveau visage de Femmes Solidaires, association dont elle vient de prendre la présidence. Un rôle que l'élue, mère de quatre enfants, accepte « comme un honneur » et qui vient étoffer un parcours hors du commun.

Fatima Guettaf, présidente de Femmes Solidaires et mère de tous les combats
Fatima Guettaf est le nouveau visage de Femmes Solidaires, association dont elle vient de prendre la présidence. Un rôle que l'élue, mère de quatre enfants, accepte « comme un honneur » et qui vient étoffer un parcours hors du commun.

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Qu'est-ce qui fait courir Fatima Guettaf ? De l'aveu de l'intéressée, c'est tout simplement « l'amour de ce que je fais ».

Une évidence... mais pas seulement. Son accessibilité naturelle et son sourire constant ont fait d'elle une « incontournable ». On la croise dans les réunions publiques, les fêtes communales, les rassemblements politiques, les assemblées associatives... Infatigable par choix, curieuse par nature, cette mère de famille de quatre enfants sait se rendre disponible, à l'écoute : des qualités qui ont nourri un parcours hors du commun. À 46 ans, cette Halluinoise d'adoption vient de prendre la présidence de Femmes Solidaires. « J'ai encore un peu de mal à m'y faire..., confie-t-elle. C'est une fierté. » Et une reconnaissance du travail effectué. À travers son forum annuel, l'association se bat aujourd'hui pour qu'un lieu d'accueil pour femmes violentées s'ouvre sur la Vallée de la Lys. Une proposition soutenue par la municipalité d'Halluin mais aussi par Jean-Luc Jalain de l'association Accueil et réinsertion sociale Brunehaut qui s'est spécialisée dans la question. Pour F. Guettaf, c'est un nouveau combat. Il vient s'ajouter à celui mené contre la fin de la gratuité des transports en commun pour les scolaires. À celui encore contre l'abrogation de la loi sur le harcèlement sexuel : « Nous préparons une manif devant la préfecture », annonce-t-elle, en attente d'une autorisation. « On ne va rien lâcher. » Et c'est bien là le trait de tempérament qui la résume et qui lui a permis de passer d'un CAP-BEP secrétariat comptabilité aux bacs à shampooing d'un salon de coiffure. « Je n'avais aucune qualification contrairement aux autres. Mais j'étais souriante, communicative et j'avais envie de travailler. ». Aujourd'hui encore, ça fait toute la différence.

C'est chez Bonduel Textiles qu'elle construira ensuite sa vie professionnelle. « Ça devait être temporaire. » Elle y restera 20 ans passant de garnisseuse à bobineuse, ourdisseuse, visiteuse. Sa polyvalence et son envie d'apprendre la conduisent en labo, à préparer des salons, à seconder les commerciaux. C'est également à l'usine qu'elle prend goût au combat syndical. Son entrée sur l'échiquier politique local se fera plus tard, aux municipales de 2008 aux côtés de Jean-Luc Deroo. « Dans le PS, j'ai retrouvé mes valeurs, explique-t-elle. Et puis la politique, c'est l'occasion de faire avancer les choses. » Aux jeunes qu'elle rencontre lors de ses permanences hebdomadaires, la conseillère municipale (déléguée à la jeunesse, MJC/CS et au CMEJ) martèle : « Il faut se battre dans la vie et oser aller au bout des choses !

 » Elle en est la preuve, elle qui est passée par un TUC (Travail d'utilité collective), l'usine, un plan social, le chômage, les CDD pour finalement décrocher un CDI d'agent social au CCAS de Wervicq-Sud. « Mes parents auraient été fiers. » Ses enfants le sont. « C'est un modèle, sourient-ils. Elle nous emmène, on partage beaucoup, ça nous forge. Et puis, elle est tellement épanouie dans ce qu'elle fait.

 » Une autre clef de son succès. •

La Voix pour les Femmes