Portraits

La retraite se dessine

Publié le 10/05/2012 à 18h39

Fatouma Ammour a commencé à travailler à l'école d'architecture de Lille en 1981. Elle la quittera à la fin de l'année…

La retraite se dessine
Fatouma Ammour a commencé à travailler à l'école d'architecture de Lille en 1981. Elle la quittera à la fin de l'année…

Comment êtes-vous arrivée dans le Nord ?


J'ai quitté le Maroc en 1973, et suis d'abord arrivée dans le sud de la France, grâce à des amis. En 1974, j'ai trouvé du travail chez un médecin, à Lille. En novembre 1981, je suis rentrée à l'école d'architecture comme femme de ménage. J'ai encore l'annonce de l'ANPE... Et puis je suis devenue secrétaire et hôtesse d'accueil. On m'avait proposé à mon arrivée, mais j'avais un peu peur. J'ai fini par dire oui, en 1995, quand le directeur me l'a proposé à nouveau.

Une partie de votre histoire est liée à celle de l'école, non ?


Oui, c'est sûr. Quand j'ai commencé, l'école était toute petite, c'était encore une école au milieu de nulle part. Depuis, la surface a triplé, elle a beaucoup évolué, les effectifs d'élèves ont explosé. Mais quelles que soient les générations, je me suis toujours bien entendue avec eux. Il y a même des enseignants que j'ai connus élèves ! D'autres qui sont de la même génération que moi qui sont partis à la retraite. Mais le prochain pot de départ sera pour moi... Et puis ici, je suis « le premier bonjour du matin ». C'est un peu comme une grande famille pour moi.

La retraite ne s'annonce donc pas facile...

Ceux qui vont le plus me manquer, ce sont les élèves. Parfois, quand je pense à la retraite prochaine, je n'arrive pas à dormir... Je suis très attachée à cette école, comme à la France, d'ailleurs. Quand je reviens de vacances et que j'aperçois le panneau Lille, je suis rassurée. » Vous n'avez jamais connu de problèmes de racisme ? Non ! Dans le Nord, les gens ont toujours été gentils avec moi. Et puis je parle avec tout le monde et tout le monde vient me parler !

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