Votre retour dans le Nord, c'était un choix ou une obligation ?
Après treize ans passés en Corse, je suis revenue en 2009 à Wandignies-Hamage pour retrouver mes parents, toute ma famille. J'avais également besoin de renouer avec la simplicité des gens d'ici, leur gaîté. En Corse, j'étais "l'amusette" de service. Ça fait du bien de revenir et d'en trouver d'autres, des comme moi ! » Trois chorales, des ateliers, un spectacle...
Vous avez peur de vous ennuyer ?
C'est vrai que ça n'arrête pas... Mais il le faut. C'est un choix de vie. Je ne voulais plus être professeur de collège, comme je l'ai été dans plusieurs établissements privés de Lille et de Villeneuve-d'Ascq. Je dois donc développer mes activités pour gagner ma vie. Chez les seniors, dans une maison de retraite de Douai, je chercher à faire émerger des souvenirs. Faut les entendre retrouver toutes les paroles de Piaf ou Trénet ! Avec les gens bénéficaires du RSA, on travaille la confiance en soi, l'envie de tisser à nouveau du lien social, d'oser affronter le regard de l'autre.
Prête à envoyer quelqu'un à « The Voice » ?
Un jour, une fille est arrivée avec sa musique, du Céline Dion. Elle a posé l'appareil sur le piano et elle s'est mise à chanter en se trémoussant. Je lui ai dit : "D'accord. Maintenant, on va reprendre du début. Travailler tout ça." Elle est partie en claquant la porte ! Pour chanter, il faut être capable de mettre entre paranthèses les soucis de sa vie. Il faut aussi ouvrir son coeur parce que la voix, c'est là, à l'intérieur, qu'on va la trouver. On n'y arrive pas sans travail et sans discipline.
Du gospel, en pleine campagne, c'était risqué...
J'ai eu quelques réflexions au début mais elles sont vite passées. Moi, ce que je voulais surtout, c'était sortir de la chorale "col blanc et partitions". Nous étions quatre, nous sommes trente aujourd'hui et il faut les voir : ça bouge, ça danse, ça claque des mains et des pieds !
Chanter procure une énergie bienfaitrice.
Propos recueillis par DIANE LENGLET