On a rendez-vous avec Tressia Bertin, la candidate valenciennoise des Ch'tis font du ski, de retour au bercail. Et au boulot. Ados, quinquas ou retraitées, les clientes du salon de coiffure Chez Chantal n'ont jamais autant zappé sur W9. Parce que, Tressia, c'est le vrai prénom de la vraie coiffeuse de l'avenue Faidherbe. Une fille « nature », du genre à « appeler un chat à chat », confie Laurence, une habituée. Celle qui demande depuis cinq ans : « On coupe ou on laisse pousser ? ». Celle à qui l'on raconte ses vacances, en camping, en Vendée, sans imaginer qu'un jour, on tombe sur elle, dans une émission de télé-réalité en train de skier sur les pistes enneigées du Tyrol
ou de s'éclater dans des boîtes hyperbranchées, des Spa hors de prix.
La télé, un miroir
Au fil des diffusions, terminées depuis fin mars, la jeune femme de 22 ans, a expérimenté l'étrange phénomène de devenir sa propre spectatrice. Déroutant. « A l'écran, je fais dix kilos de plus et puis, l'accent ! Quand je téléphone et que je tombe sur la messagerie, je n'ose plus parler. Je raccroche tout de suite ! » Tressia s'est également trouvée « marrante ». « Spontanée », rectifie Chantal Balla, qui précise que son employée fait la vaisselle du salon et passe le balai quand il faut... ce que les gros plans sur sa chambre ne laissaient pas supposer !
« Des mauvaises réflexions sur les réseaux sociaux, j'en ai strictement rien à faire, affirme celle qui a dû ouvrir un deuxième compte Facebook. Je ne suis pas une sensible. » Encore dorlottée chez ses parents, près de son papa chauffeur-livreur et de sa maman, assistante auprès de personnes handicapées, Tressia n'imagine pas profiter d'un effet boomerang sur sa carrière. « Moi, je suis coiffeuse. Ça va m'ouvrir des portes dans quoi ? » Loin des caméras et des largesses de la production, elle a recommencé « à compter les sous » quand elle sort et se donne encore du temps pour penser à l'avenir. Elle pourrait ouvrir son propre salon, grâce à son brevet professionnel, mais dit que ce ne sera « pas maintenant ». Et pas dans le Nord. « Petite, je voulais être kiné mais l'école c'était pas ça. Fallait être réaliste ! Ça ne m'a pas empêchée de trouver un métier parce que, moi, je veux une belle vie, habiter dans le sud, aller chercher le soleil. » Parole de ch'ti !
DIANE LENGLET