Vous avez été sportive de haut niveau ?
Oui, j'ai commencé très jeune, à l'âge de douze ans à l'ASPTT de Lille. J'étais en Nationale 1 et je faisais du lancer de javelot, du poids et du disque, mais ma spécialité était le javelot. À ce niveau-là, j'ai rencontré beaucoup de grands sportifs comme Marie-Josée Perec. C'est une période où je voyageais beaucoup. Ma vie tournait autour du sport et jusqu'à la blessure qui m'a obligée à interrompre ma carrière, je n'imaginais pas travailler dans un autre domaine.
Quelle était la nature de cette blessure ?
Une rupture du ligament. Un an plus tard, c'était la rupture pure et simple et la fin de ma carrière. J'avais 17 ans et demi. J'ai été opérée d'urgence à Paris pour garder l'usage de mon bras. L'opération s'est bien passée puisque j'ai évité la prothèse, mais je n'ai pas complètement retrouvé mes fonctions. Je me suis retrouvée seule, abandonnée par le monde du sport.
Comment avez-vous rebondi ensuite ?
Avec le soutien de mes parents, j'ai passé mon Bac et je suis partie à la recherche d'un petit boulot. J'ai été embauchée comme vendeuse dans un magasin de sport qui s'installait dans la région. On a décelé chez moi un potentiel évolutif qui m'a permis de gravir tous les échelons. Un an après, j'étais assistante de magasin, puis directrice, manager trainer et responsable de recrutement pour la France. À 32 ans, on m'a proposé le poste de directeur régional.
L'envie de créer votre boîte était logique ?
À ce poste de direction, je chapeautais 20 directeurs de magasins et 180 employés ! Après quatre ans de bons et loyaux services, un changement de stratégie m'a donné envie de partir. Je voyais les années passer et j'avais envie d'avoir un enfant. Alors j'ai profité de ma grossesse pour quitter cette société et j'ai réfléchi à une nouvelle aventure qui a été la création d'Ecogest Auto en 2010, une société de lavage de voiture sans eau.
Est-ce que le fait d'avoir été sportive de haut niveau vous a aidé dans vos activités ?
C'est vrai que dans le sport de haut niveau, on est élevé à la dure. En principe, on aime le challenge et la compétition. J'étais très jeune lorsque j'ai commencé le sport, j'étais entourée d'adultes et cela, ajouté aux nombreux voyages pour les compétitions, m'a donné une certaine maturité.
Sabine Joly, Ecogest Auto, 2, place Thiers, à Loos. Tél. : 03 20 888 505