Aujourd'hui, jour de cholage : les femmes refusent le banc de touche à Onnaing
mercredi 22.02.2012, 05:34 - PAR MURIELLE TISON-NAVEZ
La chaleureuse ambiance, Annabelle et Marie-Hélène en ont de bons souvenirs... En photos notamment, au café de l'Europe. PHOTO « LA VOIX » LES VISAGES DE L'ACTUALITÉ
À Vicq et Quarouble, seuls les hommes s'arment des fameux cambots et des balles de bois pour parcourir leur village en poussant cette fameuse cholette. À Onnaing, depuis six ans, un groupe de femmes leur dispute le pavé... En toute fraternité ! Elles sont une dizaine à suivre le rythme.
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Nicole Broyart a désormais vendu le café de l'Europe d'où elle a relevé le défi de monter une équipe de femmes pour « concurrencer » les choleurs d'Onnaing. C'est pourtant toujours de cet endroit, resté leur siège, que les femmes partiront ce matin pour leur longue mais « si amusante » journée de cholage. Déguisées, bien entendu... C'est le petit clin d'oeil à Monsieur Carnaval !
Annabelle Montroeul fait partie de la joyeuse troupe des choleuses. À l'entendre, pour rien au monde elle ne voudrait rater une partie de ce jeu moyenâgeux.
Il faut dire que six ans de chole, ça crée des amitiés. Comme celle avec Marie-Hélène Fernand, Onnaigeoise de longue date. Pourtant, avant la chole, elles ne se connaissaient pas.
Hier après-midi, toutes deux passaient en revue les plans d'une journée très organisée. Comme les hommes, elles démarreront par un petit-déjeuner. Soft, tout de même puisqu'elles remplacent les tripes et le vin rouge par un bon café-croissant servi au café de l'Europe... Puis, comme le sexe dit fort, elles vogueront de café en café au gré de la vitesse de leur cholette. « On boit ce que l'on veut, s'amuse Marie-Hélène, un café, une bière... » C'est toujours Nicole qui paie. Car les choleuses ont droit à une journée gratis. Pour ça, elles ont organisé des tombolas, vendu des cases afin d'amasser un petit pécule. Il leur permet chaque année d'avoir des costumes neufs... Allez ! On vend la mèche : cette année, ces battantes descendront dans l'arène en torero ! Assurément reines de la journée, les dames poseront pour la photo dans chaque taverne. Et comme elles comptent bien garder le rythme, elles déjeuneront d'un bon morceau de sanglier... Avant la raclette du soir !
« Il peut pleuvoir, on y va » lance pour donner le ton Marie-Hélène qui pose une journée de congé au centre hospitalier pour être de la fête. Son mari va filmer avant d'aller aider dans l'après-midi l'époux d'Annabelle, au PMU Le Vincennes, place Pasteur. C'est un des lieux qui va aussi accueillir les trois groupes de choleurs hommes : la Tabatière (12 compétiteurs), la mairie (23) et la Montagne (16).
Des kilomètres dans la ville
Pas question pour ces femmes, réparties en deux groupes généralement de cinq, d'en faire moins : « On va des limites de Vicq d'un côté jusqu'en bordure de Saint-Saulve, en croisant d'un côté et de l'autre... ça fait 8 à 10 kilomètres sur la journée ! » Sans compter les crochets imposés par le jeu lui-même. Car la règle oblige un décholage tous les trois cholages : l'équipe adverse envoie alors la balle de bois dans le sens qu'elle veut. « C'est bien entendu toujours dans la direction opposée au café qu'on est censé atteindre ! » Quant aux points, « On tombe souvent ex-aequo à la fin... Je ne comprends pas pourquoi car on est les meilleures ! » clame une Annabelle qui rigole encore de la douche prise l'an dernier alors qu'elle s'assurait que le galet d'une partenaire allait bien sortir d'une grosse flaque d'eau.
Mais au fait, on apprend comment à choler ? Marie-Hélène est formelle : « Ça ne s'apprend pas. On te dit : "tape"... Tu tapes ! C'est aussi simple ! »
Également en lice : Chantal, Ghislaine, Nicole, Danièle, Mireille, Isabelle, Claudine.














