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Christine Ricard, brodeuse pour les « enfants des rues » du Burkina Faso

dimanche 19.02.2012, 05:27 - PAR MARIE-CLAUDE GUILLEMENT

 La collection s'appelle «linge d'autrefois» mais Christine brode aussi des imprimés modernes et laisse son côté africain s'exprimer. La collection s'appelle «linge d'autrefois» mais Christine brode aussi des imprimés modernes et laisse son côté africain s'exprimer.

LE VISAGE DE L'ACTUALITÉ

Christine évoque la chance quand elle parle de sa « vie riche ». De Sailly-Lez-Lannoy, elle raconte par bouts de fils de couleurs, les rencontres qui sont à l'origine de ses deux passions,les gens et la broderie, et de son action pour des enfants du Burkina Faso.

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Tout jeune couple, Christine et Claude, originaires de Champagne, sont allés vivre à Bordeaux où celui-ci venait d'être muté. Puis, Christine a suivi son mari au Maroc, à l'Île Maurice, en Tunisie, au Burkina Faso. Sur place, Christine, qui avait du temps et une réelle curiosité pour les différentes cultures, a appris les langues (Arabe, Mooré) et s'est investie dans l'artisanat local. « J'ai la passion des broderies et des fils, j'ai appris l'artisanat à base de tissus », explique-t-elle. Tant et si bien qu'elle a fait des expositions de ses réalisations et dispensé des cours de broderie (de Fès, de Meknès).

« Au Burkina Faso, il y avait beaucoup à faire pour les habitants. » D'où sa volonté d'aider Caes Aidera, un centre d'action éducatives et sociales, fondé en 1995 par Pierre-Damien Yelemou, pasteur protestant. Le centre, pourtant laïc, vient en aide à une quarantaine de familles et - officiellement - à 45 enfants d'un quartier défavorisé de Ouagadougou. En réalité ce sont 210 enfants qui sont aidés. Christine a vendu des broderies et des bijoux qu'elle réalisait à base de corne de zébu et de défense de phacochère pour financer l'aide aux enfants des rues : le centre leur apporte des soins médicaux, dispense des cours d'alphabétisation et un soutien scolaire, donne un apprentissage de la couture (une possibilité d'avenir professionnel) et - si les moyens financiers le permettent - leur offre un bol de riz.

Créativité et fantaisies

Le couple est rentré en France en 2003. Le soleil de Marseille ne l'a pas empêché de poursuivre son action. Fin 2005, avec l'aide de sa famille et de deux autres couples, il a créé l'association éponyme : Caes-Aidera. L'aide se poursuit encore aujourd'hui, alors que Christine et Claude sont installés à Sailly-Lez-Lannoy depuis 2009. L'an dernier, la Saillysienne a créé sa société en auto-entrepreneuse. Elle a acheté une machine à broder qu'elle installe tous les mercredis à Zodio à Villeneuve-d'Ascq. « Un partenaire de qualité », avoue-t-elle, qui lui permet de rencontrer des clients « à commandes ».

Tout est prétexte à créer. Et la rencontre avec l'autre Christine (Duarte, la brune), il y a un an dans un magasin de tissus, est un véritable feu d'artifices : leur créativité est foisonnante « et la broderie permet toutes les fantaisies. » Elles se rencontrent plusieurs après-midis par semaine, Christine la brune étant à la recherche d'un emploi à mi-temps qu'elle concilierait avec son activité d'organisatrice de goûters (elle a un profil d'assistante comptable, une passion pour la couture et la création, et une société qui s'appelle Ludik Look). Ensemble, elles fabriquent des sacoches d'ordinateur 17 pouces, des sacs à main « trois en un », des parures de lit pour bébés... « Un beau délire ! » s'exclament-elles. En ce moment, elles travaillent à rhabiller un berceau du XIXe qu'un client « Zodio » leur a amené. Il voulait quelque chose de moderne en respectant le dessin du bois. « Voilà qui est fait ! » Elles se font connaître au salon de l'artisanat de Lys-lez-Lannoy (en novembre). Elles vont contacter les maternités et centres de préparation à l'accouchement pour exposer leurs parures naissances... Le but de Christine est d'envoyer les bénéfices de la vente des bijoux et 10% de la vente de ses broderies à Caes-Aidera, « pour scolariser et donner la possibilité d'avoir un avenir aux "enfants des rues" de Ouagadougou.

Elle poursuit : Pour aider Caes-Aidera, il nous faut un budget minimum de 5 000 € par an. »

BSM, Broderie sur mesure, Tél : 03 20 80 60 15 ; www.caes-aidera.com

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