Forcément qu'elle a l'élection de miss France en tête. En ligne de mire, même. Mais, seulement, une fois sa majorité acquise. Audrey Ducrocq a eu 16 ans, il n'y a même pas un mois, le 16 avril. Et, déjà, l'an dernier, elle avait participé à l'élection de Miss Saint-Omer, mais l'adolescente n'était arrivée « que » première dauphine. Revanche cette année, puisque c'est elle qui représentera la ville à l'élection de Miss côte d'Opale, cet été. « C'est un peu un rêve de petite fille, la couronne, tout ça... », lâche-t-elle, à demi-mot.
Depuis un an, cette Nordausquoise a participé à dix élections. Paris, Lens, Saint-Omer, Ardres, Cassel... « C'est un sacré budget ! Les tenues, les trajets... Puis, à Lens, il fallait préparer une chorégraphie, pendant un mois, j'y suis allée tous les mercredis, et trois fois la dernière semaine. Je ne me vois pas faire ça tous les week-ends. C'est fatiguant, en plus du travail », explique, d'une traite, l'étudiante en CAP coiffure au CFA Coubertin, à Calais.
À côté, le regard bienveillant de sa maman, Corinne, acquiesce. Comme Lucie, une amie coiffeuse, qui s'occupe d'elle pour chaque élection, sa maman la suit forcément partout. « Je ne me mêle de rien quand elle s'inscrit. Il n'y a que pour les robes que je commence à m'immiscer. » Mère et fille reconnaissent l'importance de ces moments passés ensemble, « même si on se prend la tête ! », « ça crée de la complicité ».
Depuis un an, Audrey Ducrocq n'a perdu qu'une élection. C'était en janvier, à Ardres. « Sinon, j'ai toujours été sur un podium. » Pour cette jeune fille réservée, qui aime la mode et l'esthétique, ces concours lui « donnent confiance » en elle. « Je suis timide, oui. Je n'aime pas trop me mettre en avant. Par exemple, à l'élection miss junior, à Lens, le jury m'a demandé de me vanter, en cherchant à savoir ce que j'avais de plus que les autres filles. Je n'ai pas voulu répondre. » C'est en voyant une copine s'essayer aux concours de miss qu'Audrey a voulu tenter à son tour, « ça m'a toujours plu », complète-t-elle. Repérée par la marque Derwin lors d'une élection, elle n'a pas pu donner suite. Mais quand elle regarde les mannequins dans les magazines, « je rêve ! », confie-t-elle, tout de go, affichant un large sourire. Faire de la photo, le mannequinat... Des idées qui ont cheminé dans sa tête, au point de s'installer dans un coin. Sans perdre de vue sa formation de coiffeuse et son souhait, également, d'ouvrir son salon. Et son papa de souligner : « Elle garde les pieds sur terre ! »
PAR ANNE-SOPHIE PUJOL