Vidéo - Jean-Claude Jeanson, un pâtissier baba aux robes !
vendredi 10.02.2012, 14:30 - JEFF LEVALLEUX
Cette robe existe en trois exemplaires dont l'un est gardé aux Maisons de mode à Lille. Photo SÉVERINE COURBE Saveurs
Aperçues à Lille, Paris et Venise, les robes en chocolat du maître patigoustier lensois ont la cote. Du bon et du beau.
Une vidéo réalisée lors du Salon du chocolat 2011 à Lille.
Une robe à crinoline constituée d'un maillage de deux cents mètres de fil de fer, voilà une idée saugrenue. Il ne manquerait plus qu'on la recouvre d'un épais voile de chocolat. « La cinquantaine passée, on aime se lancer des petits défis. Moi, j'ai même glissé des colombes dans la structure. Pas pour faire dans le sensationnel mais le symbolique. » Lorsqu'il le présente pour la première fois au Salon du chocolat de Lille en mars 2011, Jean-Claude Jeanson ne mesure ni l'impact esthétique, ni la portée médiatique de son ouvrage ajouré. Quelques mois plus tard, sa résille marron glacé est attendue avec appétit au salon de Paris, avant de s'envoler pour la cité des Doges lors d'événements culinaires similaires. « La pâtisserie est un monde sans bornes. Il faut la faire évoluer, la partager, prendre des risques », souligne le maître patigoustier installé à Lens. Depuis maintenant vingt ans, Jeanson joint l'acte à la parole. Il est notamment l'auteur d'un bonbon à l'échalote (Ascalat), d'une pâtisserie en forme de terril (Coeur de Braise) ou encore du Nap'éclair. Un cône enlacé d'une corolle argentée qu'une bougie magique vient napper d'un chocolat fondant.
Pâtissier esthète
La robe pèse à la louche sept kilos et sa mise en place sur mannequin - ici Mélinda coiffée par Vincent Gabbi - nécessite au moins la présence de trois auxiliaires. Au vrai, elle a deux soeurs. La première gardée chez l'industriel Roquette (le groupe nordiste lui a permis d'utiliser un édulcorant naturel à partir de maïs pour son Coeur de Braise), la seconde aux Maisons de mode de Lille.
Pour le reste, il suffit d'observer la finesse des ornements floraux, roses, marguerites, et feuillage 100 % chocolat.
« Mes robes n'ont aucune valeur marchande. Elles sont juste un régal pour les yeux. Il m'a fallu des semaines de travail pour trouver l'équilibre des galbes. L'esthétisme est décidément plus difficile à transmettre que le goût », admet le pâtissier qui, du coup, se rapproche d'un Robert Linxe et d'un Pierre Hermé. « Eux subliment le chocolat. Ils seraient capables de faire une toile de maître pour l'arrivée du Louvre-Lens ! » Avec, une fois encore, interdiction d'y mettre les doigts.
Pâtisserie Jeanson, 42, place Jean-Jaurès à Lens. Tél. 03 21 28 24 21














