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Tricots Duger : la maille qui résiste

Publié le 15/03/2009 à 14h00

Tel le petit village gaulois face à l'envahisseur, sur la planète textile, les Tricots Duger résistent face aux importations. Comment font-ils ?

Tricots Duger : la maille qui résiste
Tel le petit village gaulois face à l'envahisseur, sur la planète textile, les Tricots Duger résistent face aux importations. Comment font-ils ?

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C'est quasiment la seule marque nordiste qui continue à produire ici, dans le Nord, à Linselles plus exactement. D'un côté de la route, la Bonneterie Dupé, l'usine de confection d'où sortent chaque année plus de 150 000 produits, principalement des pulls ; de l'autre, le magasin, où l'on trouve la marque Duger, évidemment, mais aussi quelques marques qui complètent la gamme maison - Allona, Petit Bateau, Fynch Hatton « Il y a vingt ans, nous avons fait le choix de nous affranchir de la grande distribution, explique Didier Dupé, l'un des petits-fils du fondateur, responsable commercial du groupe. On était de bons fournisseurs mais on devait toujours tirer les prix vers le bas, on n'allait pas s'en sortir, alors on a continué seuls. » Pari risqué mais pari réussi. La voilà, la clé de du succès et de la durée.

La Bonneterie Dupé est donc une entreprise particulière puisqu'elle n'a qu'un seul client : les tricots Duger ! Le slogan des tricots, La maille en famille, reflète bien la réalité : autour de Pierre-Yves Dupé, l'aîné, gravitent ses deux frères, Bernard, responsable tricotage, et Didier, et sa sœur Axelle, en charge de la partie stylisme. Sans oublier les conjoints et depuis peu le fils de Pierre-Yves. Les tricots Duger peuvent compter sur leurs quelque 150 000clients, des Nordistes exclusivement puisque la marque ne se trouve que dans la région, à Linselles et dans trois autres magasins. Ici, ils savent qu'ils trouveront de la qualité et de la valeur sûre, à des prix raisonnables - compter autour de 40 euros pour un pull adulte - mais forcément un peu plus cher que les pulls fabriqués en Chine ou en Europe de l'Est. Dans une gamme qui, même si elle suit la mode - deux stylistes créent les modèles -, reste classique. « Nous sommes des généralistes du pull-over, nous habillons l'homme, la femme et l'enfant mais le secteur phare reste la femme  », confie Didier Dupé. Un modèle est réalisé chaque jour, ici, à Linselles, et le magasin recense 600 références en permanence.

Dans l'usine, les quarante machines à tricoter électroniques tournent à plein pot, surveillées de près par les bonnetiers, parfois en pantoufles, qui vérifient la qualité de la maille. Ils travaillent sur des petites séries de production. À la confection, véritable fourmilière, on vaporise, on repasse les morceaux tricotés - pour que le tricot ne roule pas, on coupe, on assemble, on contrôle, on coud - sur des machines numériques -, on recontrôle, on étiquette. Bref le pull est fabriqué ici de A à Z - seul le fil provient d'ailleurs -, du tout bon pour l'économie régionale et pour l'écologie !

L'an dernier, les Tricots Duger ont ouvert un quatrième magasin à Dechy, malgré la conjoncture. « À Linselles, souligne Didier Dupé, on dit : celui qui n'avance pas recule ! » Même si les membres de la famille Dupé savent bien que la fin de l'histoire arrivera tôt ou tard, ils font tout pour que ce soit le plus tard possible. Fiers, déjà, d'avoir résisté vingt ans de plus que les autres.

La Voix pour les Femmes