La Plume de l'ange... Ce n'est pas par hasard que Francine Ulinecz a décidé de baptiser ainsi l'autoentreprise qu'elle a créée en 2009, suite à une grave opération, trois ans plus tôt. « Du jour au lendemain, il fallait que je reste au lit. Alors quand on est quelqu'un de très actif, c'est très dur à vivre, raconte la créatrice de bijoux. Pour me reconstruire, mon entourage m'a encouragé à reprendre le tricot. » C'est donc pour faire plaisir à ses amies, ses cousines ou encore sa maman qu'elle se remet tout doucement au tricot.
Un art dont sa grand-mère lui a transmis les ficelles, alors qu'elle n'avait que sept ans. « Je faisais mes robes pour mes poupées Barbie moi-même, poursuit Francine Ulinecz. Puis j'ai tricoté moi-même la layette pour mes enfants. Je leur faisais aussi des abécédaires en points de croix. »
Du loisir à l'autoentreprise
Mais pendant sa convalescence, c'est d'abord sur les bérets pour femmes qu'elle jette son dévolu. Mohair, laine, matière plus vaporeuse... « On m'apportait la laine, et je l'offrais ensuite. Ou alors je les vendais à petit prix autour de moi, car j'utilisais plusieurs types de laines pour varier le toucher et du mohair. »
Un loisir qui lui permet de tester le succès des modèles qu'elle invente au gré de son inspiration, si bien que, de fil en aiguilles, l'expérience lui permet « presque de réaliser une étude de marché ». De quoi pouvoir se lancer, deux ans plus tard, sous la forme d'une autoentreprise, en plus de son emploi dans le prêt-à-porter. « Mes créations ont beaucoup évolué entretemps. Au début, je faisais surtout du tricot, de la décoration et des compositions florales. Maintenant, je suis beaucoup plus sur les perles et les bijoux faits main », poursuit Francine Ulinecz.
Résine, céramique, spirale, filigrane... Mais aussi de la soie ou de la dentelle de Calais... Pour réaliser ses bijoux, la créatrice ne lésine sur aucune matière. « Une fois par trimestre, je monte à Paris faire mon marché, pour tout ce qui est perle ou fermoir. Ça me permet de voir les tendances. Le liberty s'est beaucoup fait pendant deux ans par exemple. Mais cette année, on est plus sur des matières spirales. Et je feuillette un peu les magazines pour voir les tendances. L'été sera au orange cette année par exemple et au ton moutarde pour cet hiver. »
Des colliers en dentelle
Ne reste plus ensuite pour Francine Ulinecz qu'à laisser jouer sa créativité. Comme avec la dentelle de Calais par exemple. « J'ai inventé un collier en dentelle de Calais, car je travaillais la bonneterie l'hiver. Mais l'été ? Le collier est fait en fleurs de crochet cousu sur du fil ruban, un peu dans l'esprit de Chantal Thomas », détaille cette mordue des matières. Et lorsqu'il s'agit de choisir les couleurs, Francine Ulinecz peut alors toujours compter sur l'aide de sa fille Joséphine, qui a déjà « le don des couleurs », du haut de ses 13 ans. Rien d'étonnant donc à ce que la collégienne, qui est déjà passionnée par les tissus, souhaite devenir plus tard styliste ou modéliste. « Elle me donne toujours son avis sur mes créations », conclue Francine Ulinecz.
Portes ouvertes aujourd'hui et demain à la salle des fêtes de Villers-Brûlin, à partir de 10 h 30 et jusqu'en fin d'après-midi. Avec la Plume de l'ange et d'autres créateurs. Contact Tél : 06 50 26 71 07 ou laplumedelange@hotmail.fr
PAR CATHERINE BOUTEILLE