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Grâce à Pascaline Dulot, les tissus L'Hoer ne baissent pas le rideau

Publié le 29/04/2012 à 05h02

Si on avait dit un jour à Pascaline Dulot qu'elle serait à la tête d'une des plus vieilles boutiques boulonnaises, elle ne l'aurait sans doute pas cru. A 40 ans, pourtant, elle vient de prendre un virage à 180° dans sa vie professionnelle.

Grâce à Pascaline Dulot, les tissus L'Hoer ne baissent pas le rideau
Si on avait dit un jour à Pascaline Dulot qu'elle serait à la tête d'une des plus vieilles boutiques boulonnaises, elle ne l'aurait sans doute pas cru. A 40 ans, pourtant, elle vient de prendre un virage à 180° dans sa vie professionnelle.

« Tissus L'Hoer, toujours moins chers ». Cette petite phrase est toujours inscrite sur les sacs plastique. Le slogan sonne un peu comme une réclame des années Prisunic, n'empêche, elle continue de faire son effet. Le magasin de tissus de la rue du Camp-de-Droite est ce que l'on peut appeler une institution boulonnaise. Pensez donc, c'était déjà l'adresse de nos grands-mères dans les années 60. Pour être un peu plus précis, L'Hoer, du nom des premiers propriétaires, a ouvert il y a 40 ans. Les successeurs, M. et Mme Antonini, ont repris le magasin il y a 20 ans. Ils viennent tout juste de vendre leur boutique, après eux aussi avoir passé 20 ans à vendre des voilages, des rideaux de cuisine, du tissu d'ameublement... C'est, depuis quelques jours, Pascaline Dulot qui est aux commandes des Tissus L'Hoer. Elle-même cliente de la boutique, elle est en train de vivre une belle reconversion professionnelle. « Au départ, j'ai une formation d'éco-gestion. Mais j'ai surtout passé dix ans dans une administration au service des marchés publics. »

La quarantaine arrivant, Pascaline se remet en question. Surtout, elle ne se voit pas travailler encore dix ans dans un domaine dont elle pense avoir fait le tour et qui ne la passionne plus. « Je ne savais pas précisément ce que je voulais faire. Ce qui m'intéressait, c'était d'être mon propre patron, de ne plus dépendre de personne. »

C'est son beau-frère qui lui souffle l'idée des tissus L'Hoer, un bon commerce qui se trouve en vente depuis peu. « J'ai réfléchi un moment, je me suis dit que le tissu, c'était une matière noble, l'idée m'a séduite. »

De nouveaux marchés à conquérir

Pascaline Dulot vient en tout cas de faire passer la boutique des années 60 dans une autre dimension. D'importants travaux ont été entrepris pendant qu'elle se formait auprès de la vendeuse de la maison, présente chez L'Hoer depuis 20 ans. « Alors ça, c'est vraiment quelque chose qui m'a toujours plu : apprendre des choses nouvelles. »

Pascaline Dulot a aussi beaucoup écouté une de ses amies, propriétaire d'« Histoire de filles », un magasin de tissus du Touquet. « Elle m'a donné des indications qui m'ont permis de moderniser un peu la gamme . » Et Pascaline de montrer de jolis tissus vichy, des imprimés marin très tendance, des toiles enduites très demandées. « J'ai souhaité rester bien placée au niveau prix, il ne faut pas oublier que l'on est à Boulogne... »

Pascaline Dulot n'oublie pas non plus que L'Hoer est une adresse d'habitués, de clients fidèles, qui ne comprendraient pas qu'elle abandonne des grands classiques de la maison. « Pas question par exemple d'abandonner les voilages ni les petits rideaux de cuisine, les gens y sont très attachés ! »

Elle compte en revanche développer les marchés destinés aux professionnels. « Les tissus non feu ou les occultants, par exemple, peuvent intéresser les hôtels ou les campings. »

Une chose ne changera jamais au 18 de la rue du Camp-de-Droite : le nom. L'idée de changer l'enseigne ne lui a même pas traversé l'esprit. « Ah non, surtout pas, L'Hoer, c'est une image de marque, une vraie garantie ! » •

PAR PATRICIA NOËL

La Voix pour les Femmes