Fabienne Decornet souligne l'importance de ne pas perdre le fil. « C'est une question de stabilité, de construction, d'élaboration », précise-t-elle. À l'entendre, le fil d'hier serait la base pour continuer à tracer la voie. « Je ne distingue pas mon travail personnel de celui qui peut aboutir à une collaboration avec un architecte d'intérieur, ni même de celui partagé avec des enfants au cours d'un atelier. »
Du verre, du papier, du textile
Depuis quelques années, la plasticienne suit donc son fil et tisse une interprétation du monde dans des structures mobiles qui évoquent la trame textile. Avec ses matériaux de prédilection (verre, papier, textile), elle modèle des trajectoires, « travaille sur l'énergie, l'état, le mouvement » et prend en compte « la gestuelle, le rythme, les croisements, comme une danse ».
Sa vocation n'a rien d'une transmission familiale. « Mon père était financier et ma mère infirmière. Souvent, j'ai dû m'accrocher pour me revendiquer artiste. Pourtant, après des études d'arts plastiques à Saint-Luc (Tournai) et une formation aux arts textiles à Bruxelles, je ne me suis pas vue styliste. Disons plutôt que si mon travail rassemble mes origines artistiques, c'est que j'ai toujours aimé les belles choses. » Une fois sortie de l'école, une rencontre la lance à la découverte du verre qu'elle apprécie « pour sa double fonction, de transparence ou d'opacité. Mes premières commandes m'ont d'ailleurs permis d'investir dans un four ». Revisitant son parcours et interrogeant son oeuvre, la plasticienne assure : « Comme je n'ai pas eu envie de choisir entre la peinture et le stylisme, je n'ai pas envie de choisir entre le verre et le papier ». De la même façon, avec les particuliers, elle ouvre le champ des possibles.
Applications déco
« Avant un premier rendu graphique, plusieurs entretiens sont indispensables. Pour une installation destinée à cloisonner une pièce, je présente des croquis, des gammes de couleurs, des tissus et demande aux futurs clients de réfléchir à des mots-clés et au pourquoi ils ont envie de mon travail chez eux. Je les fais plancher », sourit-elle.
Animée de la même volonté de tisser des rencontres, la plasticienne, en lien avec la MJC de Tourcoing, accueille aussi des enfants dans son atelier. « J'aime leur façon d'aborder une nouveauté sans les repères des adultes. » Là encore, il s'agit d'élargir les horizons.
Fabienne Decornet, tel. 06 08 28 15 50, www.decornet.fr
CÉLINE LEVIVIER