« Il était temps que je le sorte ! » Parce que les gens le lui réclamaient à chaque sortie de spectacle, d'abord. Et aussi parce que ce projet avait une saveur toute particulière pour Dorothée Bia. Son album, intitulé La Môme Bia, elle l'a sorti il y a trois bonnes semaines. À l'intérieur : cinq titres. Quatre reprises des grands tubes d'Édith Piaf (Padam, Non je ne regrette rien ...) et une composition de Vincent Andrey du même nom que l'album. Chanter Piaf, elle l'a toujours fait. Entraînée par sa maman qui, lorsqu'elle était petite, fredonnait ses chansons à la maison.
La musique, Dorothée Bia est tombée dedans très jeune. « J'ai commencé le conservatoire en même temps que l'école. » Entre sa mère adepte des classiques de la variété française et son père musicien, elle aurait difficilement pu passer au travers. « J'aimais beaucoup la chorale. Pour le solfège, c'était autre chose », sourit la jolie brune aux yeux clairs. Quelques cours de chant à Paris plus tard, histoire de perfectionner sa technique, elle vadrouillait à travers la région, de scène en scène. « Je faisais des podiums à Wavrechain-sous-Denain, Raismes, Petite-Forêt... », se souvient-elle. Une belle époque, pour l'artiste, qui était alors à mille lieues de s'imaginer qu'elle montrait autant. Elle avait même un plan B, juste au cas où. « C'était soit la chanson, soit le métier d'infirmière ! »
Chanter et jouer la comédie
Vincent Andrey, elle lui doit beaucoup. Elle faisait partie de la troupe de son spectacle Arenberg, un véritable tremplin pour la Denaisienne de souche. « Il a aussi écrit un spectacle sur les pêcheurs, toute la troupe est allée à Quiberon pour les répétitions, c'était génial. » Quand elle en parle, c'est encore avec des étoiles plein les yeux. Monter sur scène, comme ça. Chanter en jouant la comédie, elle ne pourrait plus s'en passer. Et sa rencontre avec la troupe de cabaret Forever Show, il y a huit ans, a été déterminante. C'est bien là qu'elle s'est épanouie le plus. « J'ai vraiment pu m'exprimer. Et c'est à ce moment que j'ai développé mon chant avec Piaf. » Alors elle a écumé les cabarets du nord de la France et de Paris. Des anecdotes, elle en a des dizaines. « Les plumes, tout ça, je rêvais de le faire un jour... »
Sur scène, elle devient Édith Piaf
Et puis il y a le transformisme. Sur scène, quand Dorothée Bia présente La Môme Bia, elle devient Édith Piaf. Dans ses moindres mimiques.
Son spectacle tourne depuis cinq ans. Mais là, elle est en train de l'étoffer. « Il va durer 1 h 30 et je chanterai Piaf depuis ses débuts ... » La première remasterisée (qui s'appellera Édith Piaf, de Montmartre à New York), elle aura lieu à Denain, au théâtre le 14 octobre. « Quand elle était petite, on l'y emmenait souvent, glisse sa maman. Elle ne ratait pas une opérette. » Un lieu particulier pour celle qui marie aujourd'hui sa passion pour la chanson à Amélia, sa petite puce de dix-huit mois. « Ce n'est pas toujours facile... » Mais la « mémé » est là pour veiller sur Amélia quand elle monte sur scène.
Si Dorothée Bia s'est contentée de cinq titres sur son album, ce n'est pas un hasard. L'idée d'un tome 2 fait déjà son chemin. « Une suite dans laquelle je mettrai un duo que je fais avec Pabio Cazano et l'incontournable Hymne à l'amour. » Avant la naissance d'un nouveau spectacle « encore sans nom ! » prévu pour la fin de l'année, dans lequel elle deviendra, cette fois, Annie Cordy.