C'était un immense camp qui couvrait toute l'actuelle haute ville d'Étaples et toutes les dunes jusqu'à Camiers. Cent mille habitants, constamment renouvelés, y vivaient en permanence : centre d'entraînement pour les recrues partant vers le front, centre de soins pour les blessés, avec vingt-deux hôpitaux. Le camp britannique, dont il ne subsiste plus que le cimetière, a complètement bouleversé, durant la Guerre 14-18, la vie d'Étaples et en particulier celle des Étaploises dont les frères ou les époux, pour une bonne part, combattaient sur les champs de bataille.
« Quand j'ai commencé à regarder les collections du musée sur le camp britannique, surtout les photos, explique Mariette Steenbrugge, ce qui m'a intrigué c'est qu'en même temps que les soldats on y voit des femmes. » D'où l'idée, après une précédente exposition qui, en 1998, avait plutôt expliqué la présence et le fonctionnement du camp, de mettre cette fois-ci le projecteur sur les femmes de cette époque : les femmes d'Étaples dont certaines travaillaient à la blanchisserie du camp ou faisaient du petit commerce avec les soldats et les 2 500 femmes travaillant dans le camp, venues de Grande-Bretagne ou de l'Empire britannique.
Parmi ces dernières, on trouvait, avec toute une hiérarchie sociale, des infirmières militaires ou civiles, des volontaires de la Croix-Rouge ou des auxiliaires employées dans les cuisines, les cantines ou l'entretien des tombes.
Tout ce passé est très pédagogiquement ressuscité par des photos, des objets, des écrits, des lettres, des uniformes, ainsi que par deux documents, à feuilleter sur place, l'un résumant le journal de Sophie Hoerner, une infirmière canadienne, et l'autre présentant l'engagement des Américaines. Des femmes dont la liberté d'allure et le droit de vote presque acquis ne pouvaient que faire rêver les Étaploises !
PAR J.-H. MABILLE DE P.
Du 5 mai au 17 septembre, exposition « 14-18 : Les femmes sur un autre front, leur engagement durant la Grande Guerre à Étaples », musée Quentovic, 8, place du Général de Gaulle (03 21 94 02 47). Ouvert du lundi au samedi (sauf le mardi) de 14 h à 17 h. Le dimanche, de 14 h30 à 17 h 30.