Très jeune, elle dessinait et se sentait attirée par l'art. La sculpture est née du besoin de modeler, de pétrir et de donner une forme.
Toute petite, déjà, elle s'exprimait avec de la pâte à modeler. « Je fréquentais les cours de dessin le jeudi après-midi et j'adorais... Je ne pensais pas encore à la terre, à cette époque. » Puis, elle a suivi un cursus de formation plus classique et s'est mariée. Lorsqu'elle a arrêté de travailler, pour suivre son mari en Angleterre, en 1973 et 1974, et ensuite au début des années 1980, elle a fréquenté des cours de peinture. Pour réaliser ses premières toiles, elle commence par des copies et choisit systématiquement, dans les catalogues qui lui sont présentés, des toiles représentant des femmes. Déjà, les figures féminines s'imposent.
De retour en France, elle intègre tout d'abord un atelier de céramique puis un atelier de poterie à Tourcoing, en 1983. Ce premier contact avec l'argile est une révélation. « Dès que j'ai touché la terre, j'ai ressenti un déclic, une évidence. » Bientôt, l'atelier de poterie se transforme en atelier de peinture sur porcelaine. Elyane Lesaffre qui souhaite « travailler en 3 D », se met à la recherche d'un atelier de sculpture, pour y « apprendre à modeler des visages ». Elle s'oriente vers l'Atelier d'art, à Wattrelos. Elle y travaille avec de grands sculpteurs régionaux comme Guy Le Perse, qui lui enseigne comment travailler à partir de modèles vivants, Didier Becquart, qui « immortalise » l'une de ses statues en la coulant dans le bronze, ou Edouard Gruszcinski qui lui apprend « à avoir l'oeil ».
Difficile pour elle de comptabiliser le nombre de statues qu'elle a réalisées, car sa vie et son art forment un tout. Plus d'une centaine de figurines sont nées sous ses doigts. Bien souvent, elles portent un prénom : celui des modèles qui les ont inspirées.
Lorsque Elyane Lesaffre travaille d'après un modèle vivant, c'est elle qui choisit la pose. « J'ai toujours des idées en tête avant de commencer.
» Bien qu'elle pense « qu'exposer, c'est se mettre à nu », Elle enchaîne depuis plusieurs années les salons régionaux et les expositions, comme dernièrement à Henin-Beaumont pour le « 4e Printemps de l'art ». Elle a également été à l'affiche de plusieurs expositions, en Angleterre, dans le Sussex, ou à Wulfrath, en Allemagne.
Cette année, elle sculpte sans modèle. « Pour suivre le mouvement de mon inspiration. » La grâce féminine, la maternité, l'enfance, la danse sont ses thèmes favoris. « J'aime beaucoup les sculptures en mouvement et les danseuses de Flamenco m'inspirent beaucoup. » Bien que son oeuvre soit majoritairement composée de figures féminines, elle sait s'adapter à toute sorte de commandes comme celle passée par le diocèse de Lille, en 2004, pour qui elle a réalisé la tête du Géant saint Vaast : « Vingt heures de travail, soixante kilos de terre pour une tête mesurant soixante-quinze mètres de hauteur ».
Elle sculpte le nu avec originalité et talent. La sculpture d'après Elyane Lesaffre : « Des petits instants de bonheur, des coups de foudre qui résultent d'un corps à corps avec la terre ». Elle a obtenu un premier prix de sculpture à Lys-lez-Lannoy, en 2000, ainsi qu'un premier prix de sculpture au Lions club de Roubaix, en 2008.
N. D.-B.