Culture

Une BD pour répondre à ces adultes qui en disent des vertes et des pas mûres

Publié le 12/04/2012 à 05h01

Depuis quelques semaines, l'association Culture et liberté anime, à la Grande Résidence, à Lens, un atelier au concept sinon inédit, du moins original. Intitulé « Quand les mots des grands rencontrentles mots des petits », le projet mené avec une dizainede familles devrait donner lieu à une bande dessinée.

Une BD pour répondre à ces adultes qui en disent des vertes et des pas mûres
Depuis quelques semaines, l'association Culture et liberté anime, à la Grande Résidence, à Lens, un atelier au concept sinon inédit, du moins original. Intitulé « Quand les mots des grands rencontrentles mots des petits », le projet mené avec une dizainede familles devrait donner lieu à une bande dessinée.

« Maman voulait débrancher son téléphone en train de charger mais il était bloqué. Je l'ai entendu dire "c'est pas de la tarte". Pourquoi parlait-elle de débrancher une tarte ? Vu la situation, j'ai compris qu'elle disait en fait que ce n'était pas facile ! »

Des anecdotes comme celle-là, Florian, 9 ans, en a à la pelle. Hier matin, au rez-de-chaussée du pavillon Beethoven, avec d'autres enfants de son quartier, des mères et des pères de famille, le garçonnet est occupé à « encrer » ce qui deviendra l'un des personnages de la prochaine bande dessinée. Dans les bulles ? Des expressions idiomatiques puisées dans la vie quotidienne, telles que « la goutte qui fait déborder le vase », « tu me gonfles », des expressions qui en bouchent un coin aux plus jeunes. Améliorer le dialogue parents-enfants au sein du quartier de la Grande Résidence, c'est justement sa tasse de thé : Thérésa Coustenoble, de l'association d'éducation populaire Culture et Liberté, a donc eu l'idée, il y a quelques mois, de mettre en place un atelier de pratique langagière consacré à ces « parents marteaux » qui parlent d'homme-grenouille quand ils ne mangent pas sur le pouce.

Famille Bilardi

Financé par l'État (à travers l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances), le projet s'appuie sur les compétences techniques d'Éric Lesage, graphiste de l'entreprise liévinoise Jeudirêve, qui met la main à la pâte en prenant son pied. Hier, première satisfaction : « Ils ont adopté ma famille Bilardi, même s'ils m'ont demandé quelques retouches. Le père de famille avait un trop gros nez et une tête trop carrée ».

Côté synopsis, l'histoire racontée sur quatre pages sera courte mais réaliste, inspirée du quotidien. « Au parc des Ch'tis, Max joue au basket avec son frère qui se tord la cheville. Il charge alors son frère dans la brouette prêtée par le voisin mais croise son père policier sur la route... » Le scénario bête comme chou fait d'une pierre deux coups en permettant à l'illustrateur de distiller quelques-unes de ses techniques de dessin « sur les expressions du visage ou les déplacements ».

Le résultat de ce travail collectif devrait être achevé d'ici le mois de juin. L'impression d'une cinquantaine d'exemplaires promet d'en mettre plein la vue aux participants mais aussi d'éclairer les lanternes d'un public plus large grâce à une distribution dans les écoles et associations. •

Pour les familles qui auraient l'eau à la bouche et voudraient se joindre au projet, les ateliers se déroulent chaque mercredi, de 10 h à 12 h, au rez-de-chaussé du pavillon Beethoven, 4, rue Bonnard.

Renseignements, Tél : 03 21 67 34 69.

La Voix pour les Femmes