Cuisine

A Béthune, des dizaines d'ateliers ludiques pour manger mieux et donc vivre mieux

Publié le 25/05/2012 à 05h02

Mais qu'est-ce qui fait courir Théo ? Le fromage ! Hier, comme lui, 1 400 enfants, des classes de maternelles et primaires, scolarisés à Béthune ont participé à la journée de clôture de « Manger mieux, vivre mieux ». Construite sous forme d'ateliers ludiques et éducatifs, elle permettait de faire le point sur le savoir acquis durant l'année scolaire en matière d'éducation alimentaire, tout en s'amusant.

A Béthune, des dizaines d'ateliers ludiques pour manger mieux et donc vivre mieux
Mais qu'est-ce qui fait courir Théo ? Le fromage ! Hier, comme lui, 1 400 enfants, des classes de maternelles et primaires, scolarisés à Béthune ont participé à la journée de clôture de « Manger mieux, vivre mieux ». Construite sous forme d'ateliers ludiques et éducatifs, elle permettait de faire le point sur le savoir acquis durant l'année scolaire en matière d'éducation alimentaire, tout en s'amusant.

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Le sait-il que panier à la main, il participe à une action de lutte contre l'obésité, le diabète, le cancer et autres pathologies liées au surpoids ? En tout cas, Théo s'élance avec coeur. Il passe l'épreuve des cerceaux avec brio, saute le banc aisément et se plante devant la table. Du fromage ?

Rapide coup d'oeil, le garçon de la classe de petite section de l'école Ferry prend un morceau. Le glisse dans le panier et retourne sur ses pas tout aussi vite pour passer le relais à son camarade. « Suivant l'âge, nous demandons de ramener du fromage ou un produit laitier », explique Anaïs, étudiante en BTS diététique au lycée Yourcenar de Beuvry, qui tient l'atelier « Fais ton marché ».

Après l'effort, le réconfort n'est jamais loin. À un jet de bille de ce premier atelier, les enfants pouvaient « tester », la confiture de kiwi, banane, kumquat... « Nous ne proposons pas volontairement la fraise car ils peuvent en manger à la maison », souligne Guillaume Epernon de l'association Confi'Troc. « Moi, ma soeur, elle ne mange que des frites et du pain », confie Maxime. « Et moi ? Je mange de tout ! », répond fièrement ce garçon de CP, en avalant aussi sec une deuxième bouchée de sa crêpe.

« De tout et surtout de manière équilibrée », précise Amel Souissi, du service politique de la ville à Béthune, l'une des organisatrices de cette « journée événementielle de Manger mieux, vivre mieux ». Stade et salle Carpentier, des dizaines de stands accueillaient les 1 400 enfants, et le maire venu saluer « l'éducation essentielle en matière de prévention, qui permettra à la sécurité sociale d'économiser la prise en charge de pathologies ».

Pour la 9e année, ce dispositif, financé à la fois par la ville, la région et l'État, a animé les classes de la ville depuis septembre. « Nous apprenons aux enfants à diversifier leur alimentation », résume Ingrid Duquesne.

Neuf ans après, les courbes évoluent

Un travail qui se fait dans l'assiette et dont le message est aujourd'hui connu - comme manger des fruits et des légumes - mais également bien au-delà, en changeant les comportements. « Nous leur apprenons à manger plus doucement aussi. Savoir quand il faut commencer à manger, quand il faut s'arrêter, mais aussi comment », précise la diététicienne de l'association Prévart, qui porte l'action. A travers l'année scolaire, les enfants ont appris notamment qu'il faut 20 minutes pour ressentir le phénomène de satiété. Autant dire un siècle pour les goinfres et gloutons.

Mais ce travail sur l'alimentation porte ses fruits. Neuf ans après son début, les chiffres l'attestent. En 2011, une comparaison entre les pourcentages national, régional et ceux de « Manger mieux, vivre mieux » montre que les courbes évoluent et les statistiques s'inversent. Les enfants béthunois (dont le suivis peut aller jusqu'aux classes de collège) qui bénéficient de ce dispositif rejoignent le résultat national (19,7 %), loin derrière le Nord-Pas-de-Calais (24,6 %), région particulièrement touchée par le surpoids et l'obésité. Les enseignants aussi ont remarqué que les bonbons se font plus rares dans les cours de récréation. •

PAR DAVID CIERNIAK

La Voix pour les Femmes