Natalie, jeune Allemande d'Apolda, se frotte à la cuisine moléculaire à Seclin
lundi 13.02.2012, 05:26 - PAR ANNE-GAËLLE DUBOIS
Depuis trois semaines, Natalie Untermann découvre la cuisine française chez Philippe Bélot. LE VISAGE DE L'ACTUALITÉ
Apolda-Seclin. Les liens entre la commune allemande et la capitale du Mélantois sont forts. Au point que pour la première fois, une jeune femme allemande, Natalie Untermann, a décidé de venir effectuer un stage de cuisine dans la commune française. Grâce au réseau d'échanges entre les deux villes jumelles, elle a trouvé sur place un restaurant gastronomique pour l'accueillir - l'Auberge du Forgeron -, une famille seclinoise pour l'héberger et même une retraitée pour lui donner des cours de langue.
Pour pouvoir interviewer Natalie Untermann, on a tenté de rechercher vainement dans nos lointains cours d'allemand, car la jeune femme ne parlait pas un traître mot de français avant de débarquer à Seclin... Heureusement, Philippe Bélot, le patron de l'Auberge du Forgeron, a, lui, gardé de bien meilleurs souvenirs de ses cours. Du coup, il n'a pas été effrayé à l'idée d'accueillir dans ses cuisines une stagiaire allemande : « J'ai tout de suite dit oui (ou plutôt "ja") pour lui donner sa chance. Mes collaborateurs sont aussi contents d'accueillir une stagiaire, ils sont valorisés car ils transmettent leur savoir », confiait le jeune restaurateur. Voilà trois semaines que Natalie se frotte à la cuisine française. Même si elle a été formée en Allemagne à la cuisine collective et travaille depuis plusieurs années dans un hôtel-restaurant, elle avouait découvrir pas mal de choses : « Je trouve qu'il y a plus de rigueur dans un restaurant français. Chacun tient bien son poste et on fait beaucoup plus attention à la mise en place. j'ai aussi trouvé que les produits sont de meilleure qualité et différents. Par exemple, en Allemagne, on ne mange pas de foie gras, ni d'huîtres, ni d'escargots... » Même si elle a une affection particulière pour la pâtisserie, Philippe bélot met un point d'honneur à ce que la jeune cuisinière d'outre-Rhin se forme à chaque poste de la cuisine, et même à la cuisine moléculaire chère au coeur du restaurateur seclinois.
« En Allemagne, on ne mange pas de foie gras »
Après huit semaines de stage, Natalie - qui fêtait hier ses 24 ans - repartira avec de nouvelles recettes qu'elle compte bien réaliser pour sa famille, notamment sa fille de 4 ans, et ses clients.
Mais, si elle a voulu venir en France, c'est aussi pour découvrir une culture. Grâce à la municipalité et au comité de jumelage, elle est accueillie dans la famille de Chantal Carnaux et profite des cours de français de Mina Blanquart trois fois par semaine. Natalie commence à aligner quelques mots dans la langue de Molière et a déjà quelques avis sur la vie française : « Vous les Français, vous êtes beaucoup moins stressés que les Allemands, nous a-t-elle ainsi confié. Et puis, aussi, vous passez beaucoup plus de temps à table ! » Grâce à d'autres Seclinois, la jeune femme d'Apolda découvre la région chaque week-end. mais son rêve avant de repartir chez elle, c'est de séjourner quelques jours à Paris !
Natalie est la première à profiter du jumelage pour un stage professionnel, soutenu par l'Europe, mais elle pourrait bien donner l'idée à d'autres, d'ici ou de là-bas...














