Bien-être

À ses « patientes », Stéphane Vigier, coiffeur, « redonne la vie » et l'envie

Publié le 15/05/2012 à 05h02

Stéphane Vigier adore son métier de coiffeur mais, après vingt-neuf ans d'exercice, il pensait en « avoir fait un peu le tour ». Avant de rencontrer une femme atteinte par le cancer. Aujourd'hui, à Lille, il couple son travail en salon à une vie d'autoentrepreneur. Sur ses jours de congé, il coiffe des prothèses capillaires pour redonner à des femmes malades « une vie normale ».

À ses « patientes », Stéphane Vigier, coiffeur, « redonne la vie » et l'envie
Stéphane Vigier adore son métier de coiffeur mais, après vingt-neuf ans d'exercice, il pensait en « avoir fait un peu le tour ». Avant de rencontrer une femme atteinte par le cancer. Aujourd'hui, à Lille, il couple son travail en salon à une vie d'autoentrepreneur. Sur ses jours de congé, il coiffe des prothèses capillaires pour redonner à des femmes malades « une vie normale ».

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À 45 ans - à croire que l'air du sèche-cheveux conserve -, Stéphane Vigier a fait « de tout » en termes de coiffure : du salon, où il travaille toujours, des brushings pour des mannequins, et même un passage à la télé. Pour TF1, il relooke une jeune fille qui souffre d'anorexie. Un premier pas « vraiment génial » dans le domaine médical mais qui n'est pas encore décisif dans sa décision de devenir autoentrepreneur. « Il y a un an, un ami m'a demandé de venir coiffer une de ses connaissances. Elle était atteinte de cancer, en phase terminale. » Stéphane Vigier emporte ciseaux, sèche-cheveux et peigne, direction l'hôpital. « Je connaissais cette nana, elle était sympathique, dynamique. » Il retrouve une personne renfermée. « Elle avait perdu trente kilos. À 55 ans, elle en paraissait presque 70... » Stéphane s'essaye à cette coiffure d'un genre nouveau : « Quand j'ai eu fini, elle m'a sauté au cou et m'a présenté à toutes les infirmières. » C'est le déclic.

Dans les salons, la cacophonie des sèche-cheveux est propice aux bavardages, moins à la confession. Quand il se rend chez des personnes malades pour les coiffer, c'est tout le contraire. « Je suis un peu psy : quand je les coiffe, les femmes me racontent leur parcours. » Depuis deux mois qu'il s'est lancé, Stéphane n'a travaillé qu'avec des femmes : « Les aider elles, surtout quand elles ont le cancer du sein, c'est très important, parce que cela touche déjà à une partie intime. » Le coeur de la féminité. Au-delà de la coquetterie, Stéphane perçoit chez ses « patientes » une volonté d'« être comme avant ». Chez un fournisseur national, le coiffeur trouve des prothèses capillaires mais même en cheveux naturels, difficile pour certaines femmes de s'approprier cette chevelure. « Il y a peu de temps, j'ai accompagné une femme pour qu'elle la choisisse. Ce qu'elle voulait surtout, c'était retrouver exactement la même coupe qu'avant. » Une façon de « conserver leur identité », analyse le praticien capillaire.

Au-delà du physique, les femmes changent, explique Stéphane : « La maladie fait relativiser les choses. Et puis elles sourient au moindre gazouillis d'oiseaux. » Pour Stéphane, le bénéfice est réciproque : « Tu leur redonnes la vie, un bien-être, elles reprennent confiance, c'est très important quand on est malade. Et puis le sourire... Et à moi, ça me fait un bien fou de les voir sourire. » Le coiffeur associe le métier qui le passionne et son « utilité » : « Deux femmes sur dix sont susceptibles de déclarer un cancer. Mais il n'y a pas qu'elles. Il y a aussi les enfants notamment. » Et Stéphane, quatre fois papa, sait de quoi il parle quand il évoque la coquetterie des plus jeunes. Lui qui pensait avoir fait le tour de son métier... •

PAR PAULINE DROUET

Regard et bien-être : Tél : 06 59 59 26 30. vigierstephane@live.fr

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