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À 45 ans - à croire que l'air du sèche-cheveux conserve -, Stéphane Vigier a fait « de tout » en termes de coiffure : du salon, où il travaille toujours, des brushings pour des mannequins, et même un passage à la télé. Pour TF1, il relooke une jeune fille qui souffre d'anorexie. Un premier pas « vraiment génial » dans le domaine médical mais qui n'est pas encore décisif dans sa décision de devenir autoentrepreneur. « Il y a un an, un ami m'a demandé de venir coiffer une de ses connaissances. Elle était atteinte de cancer, en phase terminale. » Stéphane Vigier emporte ciseaux, sèche-cheveux et peigne, direction l'hôpital. « Je connaissais cette nana, elle était sympathique, dynamique. » Il retrouve une personne renfermée. « Elle avait perdu trente kilos. À 55 ans, elle en paraissait presque 70... » Stéphane s'essaye à cette coiffure d'un genre nouveau : « Quand j'ai eu fini, elle m'a sauté au cou et m'a présenté à toutes les infirmières. » C'est le déclic.
Dans les salons, la cacophonie des sèche-cheveux est propice aux bavardages, moins à la confession. Quand il se rend chez des personnes malades pour les coiffer, c'est tout le contraire. « Je suis un peu psy : quand je les coiffe, les femmes me racontent leur parcours. » Depuis deux mois qu'il s'est lancé, Stéphane n'a travaillé qu'avec des femmes : « Les aider elles, surtout quand elles ont le cancer du sein, c'est très important, parce que cela touche déjà à une partie intime. » Le coeur de la féminité. Au-delà de la coquetterie, Stéphane perçoit chez ses « patientes » une volonté d'« être comme avant ». Chez un fournisseur national, le coiffeur trouve des prothèses capillaires mais même en cheveux naturels, difficile pour certaines femmes de s'approprier cette chevelure. « Il y a peu de temps, j'ai accompagné une femme pour qu'elle la choisisse. Ce qu'elle voulait surtout, c'était retrouver exactement la même coupe qu'avant. » Une façon de « conserver leur identité », analyse le praticien capillaire.
Au-delà du physique, les femmes changent, explique Stéphane : « La maladie fait relativiser les choses. Et puis elles sourient au moindre gazouillis d'oiseaux. » Pour Stéphane, le bénéfice est réciproque : « Tu leur redonnes la vie, un bien-être, elles reprennent confiance, c'est très important quand on est malade. Et puis le sourire... Et à moi, ça me fait un bien fou de les voir sourire. » Le coiffeur associe le métier qui le passionne et son « utilité » : « Deux femmes sur dix sont susceptibles de déclarer un cancer. Mais il n'y a pas qu'elles. Il y a aussi les enfants notamment. » Et Stéphane, quatre fois papa, sait de quoi il parle quand il évoque la coquetterie des plus jeunes. Lui qui pensait avoir fait le tour de son métier...
PAR PAULINE DROUET
Regard et bien-être : Tél : 06 59 59 26 30. vigierstephane@live.fr